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L'enquête sur l'affaire Renault se poursuit dans le bureau de Carlos Ghosn

Par Barbara Leblanc - Publié le
Kangoo ZE avec Carlos Ghosn
© Renault

Près de neuf mois après l’ouverture de l’instruction sur la tentative d’escroquerie au renseignement dont Renault a été victime, de nouvelles perquisitions ont eu lieu mercredi 16 novembre, au plus haut niveau de la direction.

Le constructeur Renault confirme le 18 novembre des rumeurs médiatiques. Les bureaux de la direction ont bel et bien été perquisitionnés le 16 novembre par le juge d’instruction Hervé Robert. La perquisition a eu lieu au siège du groupe à Boulogne-Billancourt et notamment à la direction générale et dans le bureau de l’assistante de Carlos Ghosn. En juillet déjà, le juge d’instruction s’était rendu dans les locaux du constructeur au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) pour y consulter des documents.

Cette nouvelle étape dans la procédure fait suite à l’affaire qui a touché le groupe en début d’année. En janvier, Renault a mis à pied puis licencié trois de ses cadres haut placés, les accusant à tort d'espionnage industriel. Selon la direction, ils auraient révélé des informations sur le programme du véhicule électrique, sujet important pour la stratégie du groupe, probablement à la Chine. Cette situation crée un emballement médiatique et politique. 

Le ministre de l'Industrie, Eric Besson, en personne parle à cette époque de "guerre économique". Par médias interposés, les salariés mis en cause et la direction se répondent : deux des employés tentent de prouver leur innocence et attaquent le constructeur en justice, Renault évoque pour sa part l'existence d'intermédiaires et de comptes bancaires à l'étranger, en Suisse et au Liechtenstein. 

La sécurité en cause

Après plusieurs semaines et une enquête menée notamment au Liechtenstein, le doute s'installePatrick Pélata, le second de Renault, évoque "deux hypothèses de pistes" : "soit nous sommes face à une affaire d'espionnage et un cadre de la direction de la sécurité protège sa source envers et contre tout. Soit Renault est victime d'une manipulation", assure-t-il.

C’est en fait le service interne de sécurité du groupe qui est alors mis en cause et notamment l’ancien responsable de sécurité, Dominique Gevrey. Mis en examen pour escroquerie en bande organisée mi-mars, il est actuellement incarcéré depuis l’ouverture de l’enquête à Paris. Selon le juge, il est soupçonné d’escroquerie au renseignement. Il aurait en effet fait accuser à tort les trois cadres, depuis innocentés. L’un d’eux, Matthieu Tenenbaum, a même réintégré le groupe.

Pour Me Jean-Paul Baduel, l'avocat de Dominique Gevrey, principal mis en cause dans l'instruction, cette étape est un tournant dans l'affaire en cours. "Mon client a toujours estimé qu'un certain nombre de choses devaient être faites, le magistrat instructeur l'a entendu", souligne l'avocat.  Il soupçonne la direction de Renault d'avoir organisé "une manipulation qui ne date pas de l'affaire des trois cadres" dans le but de centraliser encore plus son organigramme autour de son PDG.

Cette affaire a profondément affecté le groupe cette année. Elle a notamment coûté sa place de numéro deux à Patrick Pélata, depuis remplacé par Carlos Tavares. La direction de Renault a aussi dû revoir son système de sécurité suite aux conclusions d’un comité d’audit mené par Alain Bauer notamment. Cette nouvelle organisation a récemment pris ses fonctions et est placée pour partie sous la responsabilité directe de Carlos Ghosn.

 

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