Au premier trimestre, l'industrie a encore détruit 21 900 emplois.
La bataille de l'emploi qu'entend mener d'ici à la fin de l'année Dominique de Villepin s'est encore un peu corsée. Le 16 juin, l'Insee et l'Unedic ont, en effet, confirmé que le ralentissement de la croissance économique, sensible depuis plusieurs mois, commençait à avoir des effets négatifs sur l'emploi. Les deux organismes, qui prennent en compte des champs d'entreprises légèrement différents, ont estimé qu'au premier trimestre 2005, l'emploi salarié n'avait pas progressé dans l'Hexagone, alors que sur un an l'Unedic enregistre 77 000 créations nettes, soit une hausse de 0,5 % (Insee : + 0,3 %).
Quatre ans de dégringolade ininterrompue
Plus grave : l'emploi industriel - considéré comme l'un des fondements d'un redémarrage durable du marché du travail - poursuit sa dégringolade. Selon le régime d'assurance-chômage, 21 900 postes ont été détruits (- 0,6 %) au premier trimestre et 78 500 en un an (- 2,2 %). Depuis mars 2004, seules l'automobile et l'énergie ont connu des hausses, avec respectivement + 0,5 et + 0,6 %. « Cela fait quatre ans que, de trimestre en trimestre, l'emploi dans l'industrie diminue, avec, au total, 335 000 pertes nettes », souligne Bernard Ernst, le directeur des études et des statistiques de l'Unedic.
Dans ce marasme, deux signaux positifs laissent peut-être présager d'une légère amélioration dans les mois à venir. D'abord l'intérim qui, après avoir diminué au cours des deux premiers mois de l'année, s'est redressé en mars (+1,5 %) et avril (+ 1,3 %). Ensuite, la bonne performance, au sein des services, de deux secteurs : le conseil et assistance (+ 2,7 % sur un an) et la recherche et développement (+ 3,2 %). « C'est un signe positif, il montre que les entreprises investissent. Et l'on peut parier que cela jouera sur l'emploi dans le tertiaire et l'industrie, mais pas avant six mois », reprend Bernard Ernst.
Mais dans l'immédiat, la panne n'arrange guère l'Unedic qui, le 29 juin, reverra à la hausse sa prévision de déficit cumulé à la fin de 2005, établie jusqu'alors à 12,7 milliards d'euros. Pour les partenaires sociaux qui doivent renégocier la convention d'assurance-chômage d'ici à décembre, les discussions devraient donc être complexes. D'autant qu'en annonçant la suppression de la contribution Delalande, le Gouvernement prive l'Unedic de 250 millions d'euros de recettes. Une perte sèche dont rien ne dit qu'elle sera compensée par des cotisations nouvelles liées à des créations d'emploi. Selon un sondage réalisé par l'Ifop pour Fiducial, seuls 20 % des dirigeants de TPE pensent que les « mesures Villepin » les conduiront à embaucher...









