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L'écriture sans clavier réinventée

Par LUC MATHIEU - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2976

Une équipe de chercheurs d'IBM a mis au point une interface basée sur la reconnaissance des formes associées aux mots.

Dessiner les mots plutôt que les taper sur un clavier ? L'idée est à la base de la nouvelle interface développée par les chercheurs d'IBM. Présentée cet été dans les laboratoires d'Alma-den, en Californie, la technologie « ShapeWriter » bouleverse la façon dont on écrit un texte sur un assistant personnel ou un téléphone mobile. Plus besoin de taper sur un minuscule clavier ou de tracer, une à une, les lettres d'un mot : il suffit d'un mouvement rapide survolant un clavier virtuel pour relier les différents caractères et ainsi afficher le texte à l'écran.

« L'idée de base est que l'on se souvient plus facilement du mouvement pour dessiner une courbe que de séries de touches que l'on doit frapper sur un clavier », explique Per-Ola Kristensson, membre de l'équipe d'IBM. Ce postulat se vérifie. Après quelques essais, les mots de base, appelés « sokgraph » par les chercheurs, s'écrivent intuitivement d'un simple mouvement de la main. Ainsi, en traçant un « C » sur ce clavier, le mot anglais « The » s'affiche instantanément. « Nos études montrent qu'un nouvel utilisateur mémorise, et repro- duit sans regarder l'écran, environ 15 mouvements, soit 15 mots, toutes les 45 minutes. Un vocabulaire de 100 mots représente entre 40 et 50 % du langage courant », indique Per-Ola Kristensson.

Une fois maîtrisé, le logiciel d'IBM permet de « dessiner » 60 à 85 mots par minute. « C'est beaucoup plus rapide que d'écrire manuellement ou que de taper chaque caractère avec un stylet. Certes, une secrétaire professionnelle sera plus efficace avec son clavier d'ordinateur. Mais pour un utilisateur moyen, notre système est aussi rapide », souligne Per-Ola Kristensson.

Une version à disposition sur le site d'IBM

Pour l'heure, le ShapeWriter fonctionne avec un dictionnaire anglais. Si l'adaptation à d'autres langues basées sur les mêmes caractè- res, comme le français, ne pose à priori pas de problèmes, le passage au japonais ou au chinois reste hypothétique. « Pour s'exprimer dans de telles langues il faut maîtriser plus de 2 000 idéogrammes », explique Shumin Zhai, chef de l'équipe d'IBM.

Reste aussi à commercialiser le logiciel. « Nous cherchons un partenaire. Nous discutons aussi bien avec des fabricants d'assistants personnels ou de Tablet PC que de téléphones mobiles », explique Per-Ola Kristensson. En attendant de signer un accord, IBM laisse une version gratuite de son logiciel à disposition sur son site internet.

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