L’eau de Paris s’analyse dans le Val-de-Marne
Par Amandine Ascensio - Publié le
« C’était une volonté politique de la part de la Municipalité de Paris d’avoir un laboratoire public d’analyse de l’eau », explique Anne Le Strat, présidente d’Eau de Paris, l’opérateur public chargé de la production et de la distribution de l’eau pour les 3 millions d'usagers de la capitale. Depuis un an, c’est chose faite : les 9 hectares de l’ancienne usine d’eau potable d’Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne ont été reconvertis pour accueillir un « laboratoire d’analyse et de recherche », première étape de la future plate-forme scientifique et technologique dédiée à l’eau et à l’environnement, appelée Aqua Futura. Elle était lancée hier, le 11 mai 2011, sur le site d’Ivry.
L’installation récente du Laboratoire d’Eau de Paris dans le bâtiment où se tenaient les bureaux de l’ex-usine a coûté 3,5 millions d’euros. C’est là où se vérifie la qualité de l’eau distribuée aux Parisiens : « Depuis son captage jusqu’au robinet de l’usager », se plait à répéter Michel Joyeux, directeur de la recherche pour Eau de Paris, précisant que dans le circuit d’analyse de l’eau, chaque goutte est contrôlée au moins dix fois. Ces tests sont aussi une garantie de surveillance des installations de l’opérateur.
5 milliards d’euros de patrimoine parisien de l’eau gérés
3 millions de consommateurs
198 millions de mètres cubes distribués en 2010
102 points de captages en Ile-de-France
4 unités de traitement des eaux souterraines
2 usines de traitement des eaux de surface
900 salariés, dont 75 sur le site d’Ivry-sur-Seine
Le laboratoire se compose de quatre départements d’analyses dans lesquels 65 personnes traquent à la boîte de Pétri les moindres traces de pollutions, les bactéries, les micro-organismes pathogènes pour l’homme (staphylocoques, légionelles, etc…) et tous les autres parasites qui pourraient rendre l’eau impropre à la consommation. Michel Joyeux est d’ailleurs fier d’ajouter : « 99,8 % de l’eau répond à la demande de conformité pour son utilisation ».
Dans ces locaux où sont analysés 50 000 échantillons par an, une autre équipe de 10 chercheurs, répartis dans deux départements, travaille sur la mise au point de méthodes de détection (de traces médicamenteuses dans les eaux par exemple) et sur les matériaux qui composent les installations.
De la R&D à ciel ouvert
Dès 2012, autour du laboratoire, la plate-forme Aqua Futura rassemblera chercheurs, étudiants et entrepreneurs. Il s’agit d’un « terrain » de recherches à ciel ouvert : le site dispose de 30 bassins filtrants couvrant 43 000 mètres carrés, de bâtiments et de 4 500 mètres carrés de bâtiments et de halles industrielles.
D’ici là, des innovations issues de projets à la fois scientifiques et industriels devraient émerger. « L’eau est un sacré enjeu. Surtout pour les pays développés », rappelle Jean-Louis Missaka, adjoint au Maire de Paris à l’innovation, la recherche et aux universités, avant de donner un état des lieux de l’eau dans le monde. Un milliard de personnes sans accès à l’eau potable, un affaiblissement des ressources et une prévision de « stress hydrique » pour 50 % de la population mondiale d’ici à 2030. « C’est la raison pour laquelle nous devons mettre en œuvre un outil dont les industriels ont besoin et ça passe par la recherche et l’innovation », conclut-il.
La plateforme technologique pourra exister pleinement grâce à de nombreux partenaires privés, comme publics : entreprises spécialisées dans le domaine de l’eau, comme Durapole, la municipalité d’Ivry-sur-Seine, le Conseil général du Val-de-Marne, la Région Ile-de-France, la Caisse des dépôts, etc. Le site, qui collaborera avec les Universités Pierre-et-Marie-Curie, Paris-Diderot, Paris Est… prévoit de former quelques 800 étudiants par an et la première session débutera dès février 2012.
Pour l’heure, il s’agit d’installer les pôles de gouvernance scientifique et institutionnelle de la plateforme avant de lancer en 2013, l’activité des bassins.
A voir également, en vidéo.

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