L'automobile qui va bien

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3300
Thibaut de Jaegher
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Alors que l'on parle de fermetures d'usines à Bochum, à Aulnay ou en Italie, les équipementiers prouvent que l'automobile en a encore sous le pied.

C'est trop facile de pleurer sur l'automobile en France. Bien sûr, il y a de quoi s'inquiéter lorsque l'on regarde le bilan de santé de nos deux champions nationaux, PSA et Renault. Évidemment, on doit s'interroger sur la pertinence du traitement préventif qu'ils se sont imposé (respectivement le haut de gamme et l'électrique) pour se repositionner sur la scène mondiale. Oui, il faut craindre la décroissance du marché européen qui demeure la principale machine à cash de ces constructeurs.

Mais l'automobile, ce n'est pas que cela. Elle n'est pas porteuse que de mauvaises nouvelles. Elle a aussi un autre visage, beaucoup plus positif : celui des équipementiers. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder ce que réalisent les trois stars françaises de la catégorie : Plastic Omnium, Faurecia et Valeo. Le premier a connu une croissance de près de 300 % en dix ans ! Le second, une filiale de PSA redressée brillamment par Yann Delabrière, multiplie les acquisitions et les ouvertures d'usines à travers le monde. Quant au troisième, pour preuve de sa bonne santé, il suffit de noter qu'il va recruter 15 000 ingénieurs dans le monde d'ici à 2015.

Ces entreprises sont de véritables champions cachés. Alors que l'on parle de fermetures d'usines à Bochum, à Aulnay ou en Italie, elles prouvent que l'automobile en a encore sous le pied. On les croyait toujours très dépendantes des marques hexagonales ? Elles profitent à plein de la bonne santé de l'automobile dans le reste du monde. Les constructeurs français ne représentent plus que 10 % des ventes de Valeo. Faurecia réalise, lui, 40 % de son chiffre d'affaires en vendant des sièges ou des planches de bord premium aux constructeurs allemands. Et Plastic Omnium fait tourner 28 usines en Asie pour fournir, notamment, réservoirs et pare-chocs à la Chine, le premier marché mondial devant les États-Unis.

Leurs succès sont méconnus car ils se tapissent sous le capot, dans l'habitacle ou les carrosseries de nos monospaces, berlines et autres 4 x 4. Pourtant, c'est bien dans ces équipements et dans les entreprises qui les fabriquent, que réside aujourd'hui la valeur ajoutée de l'automobile. Ce sont eux qui rendent nos voitures plus propres, plus silencieuses et plus sûres grâce à leur technologie de design sonore, à leur système start et stop ou à leurs matériaux allégés. Leur poids dans nos véhicules est devenu tellement prépondérant qu'ils fournissent aujourd'hui 75 % de sa valeur ! Alors, c'est qui les champions ?

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2 réactions

Mapaulo | 29/09/2012 - 12H00

Oui, article intéressant au demeurant, mais comme le souligne "deck" il faut relativiser. A l'heure du salon auto ou "tout va mal" pour les constructeurs, M. Cham le grand patron de la Fiev imagine de transformer tous les CDD en CDI, ce qui fait bien rire un autre acteur du secteur que sont Altran, Segula ou encore Alten...

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deck614 | 28/09/2012 - 16H38

Plastic Omnium a fait du bon boulot, mais aussi en réintégrant Inergy, sa JV N°1 des réservoirs à carburant qu'elle avait avec Solvay. En tout cas à coups de stratégies courageuses et originales, rondement menées jusqu'au bout, en innovant avec perspicacité (ce qui implique d'essayer beaucoup) et en construisant toujours plus à l'étranger (trois traditions dans ce groupe, fondé par feu Pierre Burelle, un "Monsieur" de l'industrie). Faurecia et Valeo n'ont pas la réputation d'embaucher beaucoup en France, mais en tout cas elles se développent aussi...

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