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L'Usine de l'Energie

L’ASN donne un 12 sur 20 à la sûreté nucléaire française

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

L’Autorité de Sureté Nucléaire juge assez satisfaisante l’état de la sûreté en France. Pierre-Franck Chevet lui donne même une note chiffrée, une originalité qui représente bien le caractère du gendarme français de l’atome, en poste depuis 18 mois.

L’ASN donne un 12 sur 20 à la sûreté nucléaire française © D.R.

Comme chaque année, l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) fait un point sur la sûreté nucléaire des installations françaises. Cela concerne les réacteurs de puissance (EDF), mais également les usines d’enrichissement et de retraitement (Areva), les outils de recherches (CEA) et les installations médicales. L’ASN juge ainsi la sûreté française globalement satisfaisante. Interpellé par une parlementaire pour traduire cette appréciation plus précisément, Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN, explique : "Pour être clair, pour traduire ce jugement en note, c'est entre 12 et 13 sur 20 (…). Et, à vrai dire, j'ai personnellement été plutôt habitué à des meilleures notes".

Cette saillie du gendarme français de l’atome est tout à fait à l’image du personnage et du rôle qu’il entend donner à sa fonction depuis son arrivée le 9 novembre 2012. Son prédécesseur, André-Claude Lacoste, quasi-créateur de la notion de sureté nucléaire indépendante et transparente, avait le rôle d’autorité inflexible. Pierre-Franck Chevet conserve cette force, mais il y ajoute un rôle de lanceur d’alerte sur les décisions à prendre pour anticiper l’évolution énergétique de la France.

Risque d’anomalie générique

Ainsi depuis 18 mois, Pierre-Franck Chevet martèle des messages forts. Premièrement, il met en garde contre le risque d’un problème générique sur des réacteurs nucléaires français qui pourrait amener à stopper brutalement cinq à dix unités. La France a effectivement un parc nucléaire standardisé. Cela a été un atout pour sa construction et présente un avantage pour sa maintenance. Mais si une anomalie est découverte sur un réacteur, elle peut être retrouvée sur de nombreux autres. Si cela devait arriver, la France n’est pas forcément en état de compenser cette perte de production.

Prolonger ou non

Deuxièmement, il assure que la prolongation des réacteurs nucléaires d’EDF au-delà de 40 ans est loin d’être acquise. A l’occasion de ses vœux 2014, il explique : "il est urgent de se décider sur la durée de vie des réacteurs nucléaires (…) Les réacteurs ont été dimensionnés pour 40 ans. C’est aujourd’hui la limite qui est à considérer (…) Il faut se préparer maintenant en termes de politique énergétique", lance Pierre-Franck Chevet. Sans prise de décision pour prolonger les réacteurs, en construire de nouveaux ou bâtir de nouvelles sources, le système électrique perdra entre 1800 et 7200 MW par an entre 2020 et 2030.

Enfin, lors du rapport annuel sur la sûreté, Pierre-Franck Chevet appelle une nouvelle fois à confier à l’ASN des pouvoirs de sanction supplémentaires. L’arme ultime est la fermeture de n’importe quel site en cas d’écart à la sureté. "Mais nous manquons très clairement de capacités de sanctions intermédiaires" dans le cas d’écarts peu importants qui durent, explique Pierre-Franck Chevet.

Ludovic Dupin

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