"L’arrivée de Toray à Lacq constituerait un événement majeur"
Par Olivier James - Publié le
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2500 emplois à Lacq ? "C’est complètement farfelu !" Lacq dans l’attente d’un projet du japonais TorayENTRETIEN Le japonais Toray est l’un des leaders mondiaux de la production de fibre de carbone. Déjà implanté en France, via notamment sa filiale Soficar dans les Pyrénées-Atlantiques, le groupe pourrait investir dans une unité de production de PAN, à Lacq. Un investissement, s’il était confirmé, estimé à 130 millions d’euros et créateur de 85 emplois. Explications sur l'ampleur d'un tel projet avec Christophe Champenois, responsable du pôle ingénierie des polymères et des composites au sein du Cetim.
L'Usine Nouvelle - Le japonais Toray pourrait bientôt investir dans la production de PAN à Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Est-ce une bonne nouvelle pour le secteur des composites ?
Christophe Champenois - Si cette annonce était confirmée, cela constituerait un événement majeur. Ce sera la première fois en Europe que l’on produira du PAN (polyacrylonitrile). Issu du pétrole, ce polymère de la famille des acryliques est le précurseur le plus répandu, du fait de sa résistance, pour la fabrication de fibres de carbone haut-de-gamme. L’investissement nécessaire à la production de telles fibres, ainsi que les coûts énergétiques, sont très importants. Le site de Lacq, où devrait être implantée la nouvelle unité, se situera dans un environnement particulièrement adapté. Le chimiste Arkema, qui co-détient en joint-venture la filiale Soficar de Toray à hauteur de 30%, y possède des installations sécurisées et dispose de foncier.
Pourquoi un groupe tel que Toray a-t-il choisi cet endroit ?
La supply chain industrielle des composites nécessite des cycles courts de production et un niveau élevé de fiabilité dans l’approvisionnement. Les grands industriels comme Airbus, qui doit honorer un important carnet de commandes, doivent limiter au maximum les aléas. Par ailleurs, les politiques souhaitent que cette production s’effectue au maximum sur le sol français dans la mesure où les secteurs aéronautique, militaire et spatial consomment de plus en plus de composites. Ces matériaux sont devenus un secteur stratégique ! Mais surtout, avec cet investissement, Toray se positionne en vue de conquérir l’ensemble du marché européen. Le groupe souhaite notamment se développer sur le marché de l’automobile. Les constructeurs Daimler, BMW et Volkswagen sont par exemple de plus en plus intéressés par les composites. Sans oublier l’éolien, le plus important en tonnage.
Au vu du développement des composites, Toray n’est évidemment pas seul dans la course…
Le taux de croissance mondial des composites se situe entre 11 et 15% par an. Et le marché de près de 14 milliards de dollars est trusté en majorité par cinq grands producteurs : Toray et Toho au Japon, Zoltek et Hexcel aux Etats-Unis et SGL en Europe. Jusque-là, Airbus travaillait essentiellement avec Hexcel. Mais on peut penser qu’Airbus, comme d’autres industriels soucieux de baisser leurs coûts de production, a voulu faire jouer davantage la concurrence en ouvrant le marché à un deuxième fournisseur, Toray en l’occurrence.
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