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COP21

"L'arrêt de mort des énergies fossiles a été décrété" par la COP21, estime Thierry Lepercq de Solairedirect

Manuel Moragues , , , ,

Publié le

Les énergie renouvelables ont brillé le premier jour de la COP21 avant de disparaître de l'accord final. Mais l'essentiel n'est pas le texte de l'accord, estime Thierry Lepercq, président de Solairedirect, développeur et exploitant de centrales photovoltaïques acquis par Engie au printemps dernier. Pour le dirigeant, la Conférence de Paris a été un moment historique qui a vu d'une part la communauté internationale "décréter l'arrêt de mort des énergies fossiles" et, d'autre part, Etats et acteurs privés lancer une démarche conjointe d'une ampleur inédite dans l'énergie solaire.

L'Usine Nouvelle : Quel bilan tirez-vous de la COP21 ? L'événement a-t-il été à la hauteur de l'enjeu ?

Thierry Lepercq : C'est un événément historique. Ce sont 195 pays qui se sont réunis, avec l'Union européenne, autour d'une analyse commune : le changement climatique est un phénomène bien réel et majeur, il est d'origine humaine et la réduction des émissions de gaz à effet de serre s'impose. Il n'y avait aucun climato-sceptique ! C'était magnifique de voir des gens de tous les pays avec la volonté d'aboutir à une prise de position commune à travers l'accord. C'est cette volonté, que je retiens, au-delà d'un texte assez verbeux qui engage à peu de choses.

On peine à trouver dans le texte d'accord mention des énergies renouvelables…

Le terme "énergie" ne figure pas dans le texte, le mot "carbone" à peine… On peut le regretter mais il y a un point qui me paraît en revanche très clair, c'est que l'arrêt de mort des énergies fossiles a été décrété. L'accord vise la neutralité carbone dans la seconde moitié du siècle. Or, en l'état actuel des technologies, la neutralité carbone veut dire ne plus émettre de carbone, donc ne plus brûler d'énergies fossiles. C'est la première fois qu'on a un message stratégique radical porté par toute la communauté internationale.

Ce message qui annonce la fin des énergies fossiles, sera-t-il entendu ?

Il sera entendu par les financiers, les investisseurs. Quand ils investissent dans un projet de centrale électrique, c'est un investissement sur trente ou quarante ans. L'accord parle de la seconde moitié du siècle, mais ce n'est pas si lointain pour les investisseurs. Cette échéance concerne leurs investissements aujourd'hui à l'étude. Le message de la COP21 ne peut que les détourner des fossiles.

Les investisseurs vont-ils se tourner vers le solaire ? C'est l'objectif de l'initiative Terrawatt, dont vous êtes partie prenante…

Terrawatt répond à l'Alliance solaire internationale (ISA) lancée le premier jour de la COP par François Hollande et le Premier Ministre indien, Narendra Modi. ISA est une alliance mondiale qui vise à mettre en place de bonnes conditions d'investissements pour des projets solaires dans les pays du Sud. Un total de 1 000 gigawatts [l'équivalent de 1 000 réacteurs nucléaires] est visé d'ici à 2030, 1 000 milliards de dollars d'investissements sont nécessaires. Par la voix de Gérard Mestrallet, PDG d'Engie, le secteur privé a immédiatement répondu présent avec l'initiative Terrawatt : de grands énergéticiens, de grands investisseurs comme Blackrock et la filière solaire qui se mobilisent pour investir et construire ces projets solaires.

En quoi cette démarche se démarque-t-elle d'autres initiatives comme la Breakthrough Energy Coalition de Bill Gates ?

Parce qu'elle est immédiatement opérationnelle ! Les capitaux en quête de rendements peu risqués sont là ; les technologies photovoltaïques existent et sont déjà compétitives. ISA et Terrawatt, c'est une approche centrée sur l'investissement, avec d'un côté des investisseurs privés – pas de subventions ! – et de l'autre des Etats qui jouent leur rôle en fixant un cap à long terme et en définissant un cadre réglementaire qui donne confiance aux investisseurs. La COP 21 a permis l'émergence de cette puissante combinaison. Elle tranche avec la démarche très techno-centrée de Bill Gates qui mise sur des inventions futures, mais aussi avec l'approche traditionnelle taxe carbone – subventions aux émergents, qui peine à se déployer. Et l'impact sera important : ISA et Terrawatt, c'est 1 milliard de tonnes de CO2 par an qui seront évitées !

Propos recueillis par Manuel Moragues

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