L’argent des uns ne fait pas le malheur des autres

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Euros - Pièces et billets
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  Une analyse de l’économiste Steven Kaplan, éclaire d’un autre regard les choix que nous offrent les deux candidats à l’élection présidentielle : l’un une société plus égalitaire, l’autre une société qui mise sur la compétitivité

Plus que les inégalités de revenus, c’est le chômage qui rend les gens malheureux. C’est dans le Jerusalem Post de samedi dernier que l’on pouvait lire cette intéressante analyse de Steven Kaplan professeur à l’université de Chicago Booth School of business. L’analyse fait écho à une ligne de clivage qui apparaît en filigrane de l’élection française. Et même si l’étude est faite sur des Américains, elle gagne à être connue dans le contexte actuel. Car que nous promettent les deux candidats en lice : l’un plutôt de remettre de l’égalité dans une France où les revenus des plus riches sont devenus insupportables alors qu’une frange de la population se paupérise, l’autre de remettre la France sur un chemin de compétitivité pour favoriser l’activité et l’emploi y compris en jouant sur le coût du travail. Il n’est pas sûr que chacun des candidats réussisse à tenir ses promesses mais disons que c’est le cadre conceptuel dans lesquels ils se situent.

Que nous explique donc Steven Kaplan ? Que les politiques publiques qui se concentrent sur la réduction des inégalités entre les plus riches et les plus pauvres mais qui ne réduisent pas le chômage ne sont pas en mesure d’augmenter le bien-être d’une population. Sa démonstration s’appuie sur une enquête réalisée tous les deux ans depuis le début des années 1970 : l’enquête sociale générale (ESG) sollicite l’opinion de 1000 à 2000 américains sur la question de leur bonheur et de leur bien-être financier.

Que nous apprend-elle ? Que pendant les années 1994 à 2000 où les inégalités de revenus ont nettement augmenté, le bonheur et le bien-être financier aussi. A l’inverse de 2006 à 2010, les inégalités de revenus ont baissé et le bien-être ressenti aussi. La différence entre ces deux périodes c’est le taux de chômage, faible sur la première période, forte sur la seconde. La conclusion de Steven Kaplan est que les politiques qui boostent l’économie et l’emploi en font plus pour le bien-être ressenti des populations même si les inégalités augmentent. L’explication avancée est que les problèmes de consommation sont beaucoup plus graves pour les gens que les inégalités de revenus. La conclusion n’est pas que les inégalités sont bonnes mais plus que les inégalités de revenu ne sont pas corrélées au bonheur. Si l’on recherche le bonheur des gens, cette étude donne des clés pour choisir un candidat. Encore faut-il avoir foi dans sa méthode pour retrouver le chemin de l’emploi.

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