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L'APPRENTISSAGE SÉDUIT DE PLUS EN PLUS

Par PAR CÉCILE MAILLARD - Publié le | L'Usine Nouvelle n° HSING2012

Pour répondre aux attentes des entreprises, de nombreuses écoles d'ingénieursouvrent leurs diplômes aux apprentis.

Vingt-quatre étudiants ont démarré une formation d'ingénieurs par apprentissage à Centrale Nantes, à la rentrée 2011. Une formation en trois ans, comme pour les autres élèves. À la différence près qu'ils alterneront quatre semaines en entreprise et quatre semaines sur le campus. L'école a ouvert cette filière l'an dernier, à la demande de ses entreprises partenaires, qui ne parviennent pas toujours à recruter les ingénieurs dont elles ont besoin. De plus en plus d'écoles se lancent ainsi dans l'apprentissage, délivrant des diplômes reconnus par la Commission des titres d'ingénieur (CTI). La gardienne du temple du titre d'ingénieur recensait 179 formations par cette voie au 1er septembre 2011. Un chiffre qui a doublé depuis 2005 ! Les spécialisations par apprentissage sont proposées par tous types d'établissements : écoles d'ingénieurs internes aux universités ou écoles externes, établissements publics ou privés, écoles prestigieuses ou plus modestes. Leur explosion finit même par inquiéter la Conférence des grandes écoles (CGE), qui s'interroge sur leur financement.

Le système de formation par apprentissage fonctionne parce qu'il correspond aux attentes des entreprises. AgroParisTech le propose depuis quinze ans, grâce à un réseau de 80 entreprises fidèles. Aujourd'hui, 10 % de ses élèves ingénieurs sont des apprentis. De son côté, l'école des Mines de Saint-Étienne forme par ce biais 579 de ses 1 470 élèves : « Les PME de la région étaient très demandeuses de profils ingénieurs de haut niveau », explique l'école.

Se former à la culture de l'entreprise

« L'entreprise y voit un prérecrutement, mais aussi un moyen de former un futur ingénieur à la culture de l'entreprise », note François Mabillot, chargé des relations écoles pour Syntec Ingénierie. « Pour les écoles, c'est aussi un moyen de financer leurs formations. Elles sont par ailleurs sous la pression de l'État, qui leur impose de s'ouvrir socialement. »

L'apprentissage permet cette diversité : d'une part les jeunes sont recrutés ailleurs qu'en classes prépa, d'autre part ils perçoivent un salaire, ce qui leur permet de poursuivre des études. Certains élèves sont aussi intéressés par une formation moins théorique. Et par l'assurance de trouver rapidement un emploi. Quand ils décrochent leur diplôme, ils ont une expérience de plusieurs années, appréciée des employeurs.

Mêmes exigences, même légit imité, même diplôme

« Dans le monde, seule la France délivre des masters, ou des diplômes d'ingénieur de niveau master, par l'apprentissage », remarque Bernard Remaud, le président de la Commission des titres d'ingénieurs (CTI). « Nous formons 12 % de nos ingénieurs, et bientôt 15 %, par l'alternance ! Ça surprend beaucoup, à l'étranger. L'Allemagne s'arrête à bac + 2 ou bac + 3. » C'est une loi de 1987 qui a ouvert l'enseignement supérieur à l'apprentissage, la CTI habilitant ses six premières formations d'ingénieurs par cette voie, en 1990. Depuis 2005 et l'afflux des demandes d'habilitation, la Commission des titres a dû en rappeler le principe : ces diplômes doivent avoir la même valeur que ceux obtenus par la voie classique. Elle impose aux écoles les mêmes exigences en matière de niveau en langues, d'expérience à l'international, de sensibilisation à l'innovation. Mais elle les incite à mettre en oeuvre une pédagogie plus inductive, qui parte de l'expérience, ainsi qu'à accueillir des publics nouveaux, issus notamment des DUT et BTS. À la sortie, un seul diplôme, qui ne mentionne pas la voie suivie et qui permet à chacun, quel que soit son parcours, de faire partie de l'association des anciens élèves. Ce qui n'a pas été le plus simple à faire passer...

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