L'analyse de la valeur, source de profits
Par Mirel Scherer - Publié leLes machines-outils de dernière génération, dont certaines sont dévoilées cette semaine au salon Industrie 2011 à Lyon, sont examinées sur toutes leurs coutures grâce aux outils de conception et d'analyse. Objectif : réduire les coûts d'investissement et d'exploitation.
Démarche efficace pour définir au coût le plus faible un produit ou un équipement adapté aux besoins des utilisateurs, l'analyse de la valeur connaît une nouvelle jeunesse. Plusieurs constructeurs de machines-outils l'utilisent intensément.
C'est le cas de GF Agie Charmille, par exemple. "Nous voulions remplacer les vis à billes par des moteurs linéaires sur nos centres d'usinage à grande vitesse", explique Philippe Ledoux, responsable du centre de compétence HSM du constructeur suisse. Ce qui a donné lieu à une analyse ciblée de chacun des composants de la machine.
Résultat : le nouveau groupe froid, dont la puissance a été doublé à 6 kW, assure un refroidissement en parallèle des éléments de la machine. Avec une réduction sensible de l'échauffement pendant son fonctionnement. Plus de 40% pour la broche OptiCool, par exemple. "Les avantages sont multiples : augmentation des vitesses de travail de la machine, amélioration de la durée de vie des glissières, changements de palette et d'outils plus rapides, couple plus important à la broche…", précise le spécialiste de GF.
Le dispositif permet au constructeur d'offrir plus d'options d'usinage pour le même prix. Le fabricant japonais Mazak a passé par les fourches caudines de cette analyse son centre d'usinage vertical Smart 430A. Il a pu alors concevoir une machine plus compacte et offrir aux utilisateurs la possibilité de choisir entre une commande numérique Mazatrol ou Fanuc.
Même approche pour le constructeur coréen Doosan qui a appliqué l'analyse de la valeur à sa famille de centres de tournage Puma Y, créée en 2010. "Plusieurs axes d'amélioration ont été scrutés", explique Thibaud Magna, spécialiste chez Rosilio Machines Outils distributeur de Doosan en France. La rigidité du bâti de la machine notamment a été améliorée. Avec en prime, la réduction du volume de fonte utilisé pour sa fabrication. Ce qui baisse évidemment les couts.
Pour y parvenir, les ingénieurs coréens ont fait appel au module de résistance des matériaux et d'analyse par éléments finis du logiciel de CAO (conception assistée par ordinateur) Catia V5 de Dassault Systèmes. "On peut ainsi connaitre précisément la répartition des efforts et de la déformation sur le bâti et sur chaque point d'appui de la machine", explique l'expert de Rosilio.
Ainsi, la conception du bâti est-elle corrigée en temps réel. Résultat : une diminution de la masse de la structure d'environ 5 % et une augmentation de sa rigidité de 6 à 10 %. La consommation électrique a été abaissée également grâce à l'intégration des commandes numériques Fanuc et Siemens de dernière génération moins consommatrices en énergie. La surface occupée par ces machines a été également réduite. Moyennant quoi, les prix de machines ont été réduits de 5 à 12% en fonction du modèle…

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