L'alsacien Haemmerlin réinvente la brouette
Par THOMAS CALINON - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3271
© D.R. ; CUCM
Lorsque l'on fabrique des brouettes depuis 145 ans, on pourrait vivre sur ses acquis. Haemmerlin, lui, continue d'innover. Créée en 1867 à Saverne (Bas-Rhin), la PME de 115 salariés membre de CDH Group, une filiale du groupe Duo, a lancé la production d'un modèle de châssis, appelé Alpha. Un nom inspiré par la forme de l'un des deux tubes cintrés qui le composent, évoquant la première lettre de l'alphabet grec. Ce support en acier soutient la face avant et le fond de la caisse, au niveau des diagonales. Il évite ainsi qu'elle ne flanche sous le poids des charges et la répétition des déversements. La structure de maintien est soudée sur un second tube. Grâce au jeu des courbes, celui-ci sert de brancard, de pieds et de support de roue. « Nous avons breveté cette technique de maintien de la caisse via deux tubes », raconte Christian Pitisi, le directeur de l'usine de Saverne, où les trois techniciens du bureau d'études ont planché sur le projet pendant un an. « L'idée a été de réduire le nombre de pièces, poursuit-il. Plus le produit est simple, plus il est fiable. Le banc de tests a montré qu'il dépasse nos attentes. » À la mi-décembre, le modèle d'essai avait supporté plus de 100 000 déversements d'une masse de 160 kilos. « Le châssis est compatible avec la quasi totalité de nos modèles de caisses et de roues, poursuit Gabriel Devynck, le responsable du bureau d'études. Il pourra s'adapter à différents usages. » Haemmerlin propose six modèles équipés du châssis Alpha. L'entreprise, qui réalise un chiffre d'affaires de 32,5 millions d'euros, produit 500 000 brouettes à Saverne (elle dispose d'une autre usine au Royaume-Uni). Elle en exporte la moitié. Elle souhaite imposer son innovation sur les marchés professionnels français et allemand.











