L'Allemand Tom Enders à la tête du groupe EADS
Le 26 janvier 2012 par Rémy Maucourt
A 54 ans, Thomas Enders devient le nouveau président d'EADS. A la tête d'Airbus depuis 4 ans, il était largement favori pour prendre la succession de Louis Gallois. Thomas Enders devient donc un des patrons les plus importants d'Europe.
Tom Enders n'est pourtant pas né dans un milieu de barons de l'industrie. Son père était berger, il a élevé ses enfants à Bruchertseifen, un village d'environ 700 habitants à l'Ouest de l'Allemagne.
A l'université de Bonn, Tom Enders étudie la gestion et les sciences politiques. Dès 1982, il est assistant parlementaire au Bundestag, l'assemblée de la république fédérale allemande. En 1987, il soutient sa thèse de doctorat de sciences politiques à l'université de Los Angeles (UCLA).
Ces expériences permettent à Tom Enders de développer un solide réseau politique en Allemagne. Membre de la CDU, le parti aujourd'hui dirigé par Angela Merkel, il a été un collaborateur de Gerhard Stoltenberg, ministre allemand de la défense juste après la réunification du pays.
Le domaine militaire n'est pas étranger à Thomas Enders : officier de réserve de l'armée allemande, c'est également un parachutiste qui a plus de 1 100 sauts à son actif. On dit qu'il saute encore d'un avion 20 fois par an. La presse allemande l'a surnommé "Major Tom".
En 1991, Tom Enders entre chez DASA, leader de l'aéronautique en Allemagne. Il monte progressivement les échelons, dans le département marketing puis à la direction générale. Le 10 juillet 2000, DASA fusionne avec Aérospatiale-Matra et CASA pour créer EADS. Thomas Enders devient alors responsable de la division armement du consortium.
Tom Enders a longtemps été considéré comme le défenseur des intérêts allemands au sein d'EADS. "Enders, c'est notre homme" affirmaient en 2007 des cadres de Daimler. Mais en prenant la tête d'Airbus en 2007, il a fait mentir cette réputation d'agent allemand. C'est Fabrice Brégier, le Français numéro 2 d'Airbus, qui l'affirme : "Je n'ai pas vu Tom prendre une seule décision dictée par des considérations nationales" déclarait-il à Challenges en 2008.
Ce sens de l'équilibre sera précieux à Thomas Enders dans son nouveau poste, à la tête du plus politique des groupes européens.

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