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L'Allemagne s'oppose toujours à un rôle accru de la BCE

Publié le

par Noah Barkin et Paul Carrel

BERLIN/FRANCFORT (Reuters) - L'Allemagne a demandé mercredi à l'Europe de s'en tenir à une discipline budgétaire stricte sur fond d'opinions divergentes de responsables européens et de scepticisme des marchés financiers après les décisions prises par les dirigeants européens pour résoudre la crise de la dette dans la zone euro.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Bundesbank Jens Weidmann, ont, dans des discours séparés, montré leur opposition à une intervention décisive de la Banque centrale européenne (BCE) pour empêcher la crise de s'aggraver.

Angela Merkel a exclu d'augmenter la taille du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), au-delà des 500 milliards d'euros acceptés par tous, selon les participants à une réunion à huis-clos mardi au parlement allemand

Le président du Conseil européen Herman van Rompuy a pourtant déclaré qu'un examen visant à vérifier que la capacité financière du fonds était suffisante serait achevé en mars.

Devant le Bundestag, la chancelière allemande a prôné la patience pour sortir de la crise de la dette. Elle a demandé aux gouvernements de s'en tenir à leur projet d'intégration économique.

"Je suis convaincue que si nous avons la patience et l'endurance nécessaires, si nous ne laissons pas les revers nous abattre, si nous avançons systématiquement vers une union budgétaire et de stabilité, si nous parvenons réellement à réaliser l'union économique et monétaire (...), l'Europe ne surmontera pas seulement cette crise, l'Europe sortira de cette crise plus forte qu'elle n'y est entrée."

On ne résoudra pas la crise "d'un seul coup", a-t-elle ajouté.

De son côté, Jens Weidmann, voix influente au sein de la BCE, s'est opposé à une augmentation des achats de dette d'Etats de la zone euro en difficulté par la BCE.

DÉMISSION EN ALLEMAGNE

Son mandat, a-t-il affirmé, l'empêche de procéder à des achats d'obligations illimités et le passé montre que cela risque de déboucher inévitablement sur de l'inflation.

La Bundesbank ne fournira de nouveaux fonds au Fonds monétaire international pour l'aider dans la lutte contre la crise dans la zone euro que si d'autres pays hors d'Europe mettent aussi la main au portefeuille, a-t-il en outre prévenu.

Sur les marchés, l'euro est tombé à moins de 1,30 dollar pour la première fois depuis janvier, tandis que les marchés d'actions étaient en baisse et que le rendement de la dette italienne sur les marchés remontait à 7%. Le pays a en outre dû servir un rendement record pour écouler du papier à cinq ans.

La ministre irlandaise des Affaires européenne, Lucinda Creighton, a montré son scepticisme après le sommet de la semaine dernière, qui a permis à 26 pays sur 27 de se mettre d'accord sur un nouveau pacte budgétaire.

"Avoir le pacte budgétaire en place pour mars est souhaitable mais je ne pense pas que cela sauvera l'euro", a-t-elle dit à la presse lors d'une visite à Paris.

"Idéalement, (je voudrais voir) une déclaration très claire de la BCE dans laquelle elle se dirait prête à faire ce qui est nécessaire pour sauver la devise et qu'elle est le rempart ultime", a déclaré Lucinda Creighton. "Je ne crois pas que nous en soyons là mais j'ai le sentiment que nous finirons là."

Un autre membre de la BCE, le gouverneur de la banque centrale néerlandaise, Klaas Knot, a déclaré qu'au moins 1.000 milliards d'euros étaient nécessaires pour résoudre la crise de la dette, soit en contributions au FMI, soit en augmentant la capacité du fonds de secours de la zone euro.

La crise de la dette dans la zone euro fait aussi des dégâts au sein même de l'Allemagne : Christian Lindner, 32 ans, numéro deux des libéraux allemands et étoile montante du FDP, a démissionné mercredi, aggravant la crise chez le partenaire de coalition d'Angela Merkel.

Le FDP doit annoncer vendredi les résultats d'un référendum interne sur le sauvetage de la zone euro. La participation ne sera probablement pas suffisante pour le valider, ce qui semble être à l'origine de la démission de Christian Lindner.

Danielle Rouquié pour le service français

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