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L'Usine de l'Energie

L’Allemagne interpelle Ségolène Royal sur la fermeture de Fessenheim

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Après que la ministre Ségolène Royal a laissé entrevoir des alternatives à la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim, la ministre allemande de l’Environnement prie la France de fermer le plus rapidement possible la plus ancienne centrale de l'Hexagone.

L’Allemagne interpelle Ségolène Royal sur la fermeture de Fessenheim © Nicolas Chauveau - Greenpeace

Dans une interview de Ségolène Royal publiée sur Usinenouvelle.com, la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie affirme qu’"il faut programmer la construction d’une nouvelle génération de réacteurs, qui prendront la place des anciennes centrales lorsque celles-ci ne pourront plus être rénovées". Elle explique aussi :"Le plafonnement de la puissance nucléaire signifie que, lorsque le réacteur EPR de Flamanville dans la Manche va ouvrir, deux autres devront fermer. À ce stade, c’est Fessenheim puisqu’il n’y a pas d’autres propositions sur la table."

Cette dernière déclaration semble avoir semé le doute dans l’esprit de la ministre de l’Environnement allemande Barbara Hendricks. Cette dernière a envoyé une lettre à son homologue français. Elle y fait part de son inquiétude quant à la fermeture de Fessenheim et demande à Ségolène Royal de préciser les intentions de la France. Dans ce courrier daté du 12 janvier, fourni par l’organisation Sortir du Nucléaire, la ministre allemande rappelle qu’en 2014, "le président François Hollande a une nouvelle fois confirmé la décision de fermer Fessenheim". Et demande à être informée du "calendrier et des procédures que vous avez l’intention de suivre pour l’arrêt de Fessenheim".

EDF travaille à des alternatives

"Comme vous le savez la population vivant dans les zones frontalières est très préoccupée par la sûreté de la centrale. Je vous prie de tout cœur de prendre en compte ces préoccupations lorsque vous pèserez le pour et le contre, et (…) de prévoir l’arrêt de Fessenheim à une échéance aussi rapide que possible", insiste-t-elle. Avant de reconnaître tout de même que la décision ne relève au final que "de la décision souveraine de la France".

De fait, la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim en 2017, lorsque l’EPR de Flamanville (Manche) démarrera, reste possible mais n’est pas une évidence. Auditionné sur la loi de transition énergétique par la commission des affaires économiques du Sénat le 14 janvier, le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy a expliqué : "Le gouvernement m’a demandé de considérer que le projet qu’il mène aujourd’hui, c’est la fermeture des deux tranches de Fessenheim. Mais il est prêt, si l’entreprise le propose, à analyser des alternatives. Deux autres tranches de 900 mégawatts pourraient être fermées". Il précise travailler sur ce sujet, mais juge prématuré de livrer des détails.

Ce jeudi 15 janvier, la ministre Ségolène Royal présentait ses vœux à la presse. Interrogée, elle a confirmé avoir reçu la lettre de son homologue d’outre-Rhin mais n’a pas fait d’autres commentaires. Elle a réaffirmé ses propos tenus dans l’Usine Nouvelle, malgré les fortes protestations des principaux dirigeants d’Europe Ecologie les Verts. Elle a insisté : "Nous ne faisons pas le choix des écologistes qui consiste à dire qu'il faut sortir du nucléaire. Ce n'est pas le choix que fait le gouvernement : le gouvernement veut sortir du tout nucléaire, il y a une grosse nuance."

Ludovic Dupin

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4 commentaires

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28/01/2015 - 10h54 -

Quelle provocation ! Une démarche de ce type veut-elle dire que le Gouvernement allemand met en doute la position prise par l’Autorité de sûreté française ? Il a été dit et redit en France que la fermeture de Fessenheim serait motivée par des choix de politique énergétique et pas par des questions de maîtrise des risques ! Si Mme Hendricks croit intelligent de s’exprimer ainsi, est-ce qu'elle veut dire que EnBW, entreprise allemande s’il en est, renonce gratuitement à partir de maintenant à tout droit sur la production de Fessenheim ? Renonce à réclamer le moindre dédommagement pour l’arrêt de cette centrale ?
Sinon,s'agit-il de rendre plus difficile toute prise de position en France, toute décision positive ou négative sur l’arrêt de Fessenheim, tout remplacement de ce dossier par un autre? Bref, quel est le but de cette dame ? A-t-elle réfléchi 2 secondes avant de signer cette lettre ?
Il y a danger si ceci correspond au niveau d’intelligence et d’amitié du Gouvernement allemand actuel !
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24/01/2015 - 23h05 -

De quoi se mêle cette Allemande ? J'espère que Mme Royal a répliqué en lui demandant d'arrêter ses centrales au lignite qui polluent l'Europe toute entière... L'Allemagne pense que sa puissance économique lui permet d'imposer ses choix à tous les membres de l'UE, y compris quand ceux-ci sont suicidaires, comme son Energiewende : ce n'est pas moi qui le dis mais le vice chancelier allemand, leader du SPD et ministre de l'industrie !! Il semble que notre gouvernement, après une période sous influence des Verts, commence à prendre ses distances avec ce parti (venu d'Allemagne) en se rendant compte que le nucléaire est indispensable à notre économie et à la résolution du problème du chômage.
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19/01/2015 - 20h52 -

Bonjour et amitiés,
ces allemands sont impayables, ils nous achètent notre électricité nucléaire (moins chère) pour compléter leur production, après avoir obéi aux oukases des "verts" (de gris ?) A présent leurs centrales à charbon-lignite arrosent l'Europe de leurs suies.. Bravo le écolos, continuez
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19/01/2015 - 18h47 -

L'Allemagne devrait avant tout balayer devant sa porte, elle qui reconstruit des centrales électriques au charbon, voir au lignite, combustible on ne peut plus polluant et rejetant beaucoup de CO²
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