L’Algérie investit pour son eau
Par Camille Chandès - Publié le
Le contrat d’accompagnement de la modernisation des services d’eau et d’assainissement de la ville d’Alger remporté en 2006 par Suez Environnement vient d’être renouvelé. L’opération rentre dans le cadre d’un vaste programme d’investissements de l’Algérie dans les ressources en eau.
Les responsables publics avaient fait le déplacement en nombre à Oran pour les Journées techniques de l’eau qui se sont tenues le 13 octobre. En tête, Abdelmalek Sellal, le ministre des Ressources en eau algérien et Cherif Rahmani, le ministre de l'Aménagement du territoire de l'environnement et du tourisme ont réaffirmé leur volonté d’assurer les besoins en eau de la population, dans un pays soumis à la sécheresse.
C’est dans ce cadre que Suez Environnement a vu son contrat d’accompagnement de la modernisation des services d’eau et d’assainissement de la ville d’Alger renouvelé. Ce contrat d’un montant de 105 millions d’euros, et d’une durée de cinq ans, est la suite d’un contrat passé en 2006 entre le groupe français, l’Algérienne des eaux et l’Office national de l’assainissement.
Ce business model dit de "contrat de management" n’est pas une délégation de service public. Suez Environnement n’investit pas et n’exploite pas le réseau. L’Etat demeure le seul actionnaire de la société créée avec le groupe français, en l’occurrence la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL). Des expatriés de Suez forment les ingénieurs et les techniciens algériens à la gestion d’un service d’eau.
"Développer l'outil national de production"
"Nous n’avons pas de complexes à aller chercher la compétence et l’expertise là où elles se trouvent (…). Nous comptons profiter de ces partenariats pour apprendre, développer l’outil national de production et augmenter nos capacités managériales", a déclaré Abdelmalek Sellal, le ministre des Ressources en eau. En effet à l’issue de ce management de transition, en 2016, les experts de Suez devraient se retirer.
Les résultats sont là : les algérois ont désormais accès à l’eau potable 24h sur 24 (le taux d’accès à l’eau sans interruption n’étant que de 8% en 2006). 53% de la population de la collectivité publique territoriale d’Alger est raccordée à un service d’assainissement (contre 6% en 2006). Et 64 des 72 plages d’Alger ont été ouvertes à la baignade, la qualité de l’eau ayant été rétablie. La seconde partie du contrat verra l’extension à l’ensemble de la wilaya de Tipaza, zone limitrophe d’Alger.
L’Algérie a lancé un vaste programme d’investissements concernant l’eau. 25 milliards de dollars ont ainsi été injectés ces dix dernières années. "Grâce aux infrastructures de mobilisation des eaux, qu’elles soient conventionnelles par les barrages et les grands transferts d’eau ou non conventionnelles par le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées épurées, notre pays a apporté des réponses concrètes à la problématique de la rareté de l’eau", a exposé Abdelmalek Sellal, le Ministre des ressources en eau. Le pays compte 93 barrages et plusieurs usines de dessalement d’eau de mer le long de ses côtes.
De notre envoyée spéciale, Camille Chandès

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