L'agroalimentaire doit changer de recette
Par . P. D. - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3113La Budweiser, bière préférée des Américains, n'a plus le même goût. Mi-juillet, le belgo-brésilien Inbev a mis la main sur le brasseur Anheuser-Busch, 16,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires, déclenchant une vague d'indignation au pays du libéralisme. « Anheuser-Busch est une icône américaine, s'inquiétait Barack Obama au lendemain de la vente. Nous aurions pu et dû faire tout ce qui était possible pour trouver un acheteur américain. » Déjà, en 2007, trois fleurons de la viande bovine, Swift, Smithfield et National Beef étaient raflés par JBS Friboi. Le brésilien profitait de l'appréciation du real face au dollar pour devenir leader au pays du McDo !
Ces opérations interviennent après trois ans de croissance soutenue de l'agroalimentaire américain mais avant un léger recul attendu en 2008. La baisse du pouvoir d'achat devrait rattraper les fabricants de boissons (- 8,59 % prévus), de tabac, et la restauration hors domicile. Si les Kraft, Coca-Cola et autre Pepsico publient toujours de bons résultats, grâce à leur forte internationalisation, des entreprises plus focalisées sur les Etats-Unis, comme les volaillers Pilgrim's Pride ou Tyson, sont en difficulté. Touchés par la hausse des matières premières, ces groupes ont dû augmenter leurs tarifs pendant un an. Aujourd'hui, ils révisent leurs recettes avec des ingrédients moins coûteux et peaufinent de nouveaux discours marketing sur le pouvoir d'achat.

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