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En marge de la visite du président sud-africain Jacob Zuma à Paris, le ministre du commerce et de l’industrie de l’Afrique du sud, Rob Davies, a accepté de répondre aux questions de L’Usine Nouvelle. Il plaide pour une coopération renforcée entre les deux Etats, le développement d’un secteur industriel digne de ce nom dans son pays et annonce le lancement d’une nouvelle zone de libre échange de 700 millions d’habitants.
Si vous deviez "vendre" l'Afrique du Sud à un chef d'entreprise français, que lui diriez-vous ?
Je lui dirais qu'après la profonde crise de 2009, la reprise mondiale se fait à plusieurs vitesses. Et que la croissance la plus rapide se trouve d’abord dans les pays en voie de développement. Il y a bien sûr la Chine et l'Inde mais l'Afrique du sud prend aussi part à la compétition. Notre croissance devrait être de 3,4 % cette année et elle sera bien meilleure dans les prochaines années. C’est un premier argument. Je pourrais aussi rappeler qu’un certain nombre d’études pointent l’Afrique comme la nouvelle zone de croissance mondiale après la Chine, le Brésil et l’Inde. Deux raisons à cela : le boom des matières premières et le marché intérieur qui ne cesse de grandir.
S’installer dans votre pays, c’est s’ouvrir la porte de tout le continent ?
Oui. Le potentiel de notre pays est déjà une opportunité mais les chefs d’entreprise français doivent aussi voir l’Afrique du Sud comme une partie de l’Afrique. Cette année, nous avons franchi une étape importante. L’organisation de l’unité africaine a lancé les discussions pour développer une aire de libre échange entre les pays. 26 pays, regroupant de 500 à 700 millions d’habitants, ont décidé de s’allier. Ils ont aussi décidé d’identifier et de développer des programmes communs d’infrastructures. L’Afrique va donc consolider fortement son intégration régionale dès cette année.
Quels avantages offrez-vous aux entreprises qui s’installent dans votre pays ?
Nous avons développé tout un programme spécifique d’allègement des taxes. Ce programme permet notamment d’obtenir d’importantes déductions sur les bénéfices réalisées dans le cadre de nouveaux investissements industriels. Il faut remplir un certain nombre de critères : s’implanter dans certaines zones géographiques, créer un minimum d’emploi… Mais, en échange, vous pouvez obtenir jusqu’à 900 millions de rands (93 millions d’euros) de déduction fiscale. Nous espérons ainsi créer de nouvelles capacités industrielles en Afrique du sud et former aussi notre population à des nouveaux métiers.
Dans quels domaines, les entreprises françaises peuvent-elles apporter leur savoir-faire ?
Nous nous sommes engagés dans un grand programme d’infrastructures : dans l’énergie, dans le transport public et la logistique, la gestion de l’eau ou encore les réseaux télécoms. Nous avons aussi lancé le « industry policy action plan ». Il vise à attirer des investissements productifs en Afrique du Sud, pour fabriquer dans notre pays les systèmes et les équipements qui permettront de construire nos infrastructures. Quand nous attribuerons les contrats, nous veillerons particulièrement à ce point afin qu’il y ait des retombées locales en termes d’emploi
Où en sont les échanges entre la France et l'Afrique du sud ?
Les relations économiques avec la France sont importantes pour nous. Votre pays est un marché majeur au sein de l'Union européenne. L'Europe est d'ailleurs le plus important partenaire commercial de l'Afrique du Sud. Un des caractéristiques des échanges entre nos deux pays, c’est qu’ils contiennent une proportion plus importante de produits à valeur ajoutée fournis par les sud-africains à la France. Nous avons observé un important repli en 2009 à cause de la crise économique mondiale. En 2010, nos exportations croissent à nouveau mais elles ne sont pas revenues au niveau de ce qu’elles étaient en 2008. En revanche, les exportations françaises en Afrique du sud ont-elles dépassées leur niveau de 2009 et de 2008.
Propos recueillis par Thibaut DE JAEGHER