L'aéronautique, l'un des premiers élus du grand emprunt
Publié leLe chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, dresse aujourd'hui un premier bilan de l'enveloppe de 35 milliards d'euros ouverte pour doper ce qu'il est convenu d'appeler les "investissements d'avenir". Ces 35 milliards sont investis dans les universités et la recherche publique, mais aussi privée. L'aéronautique est l'un des premiers servis.
Le grand emprunt ce n'est pas que pour l'enseignement supérieur et la recherche. Si 15 milliards d'euros sont effectivement dédiés aux universités via les initiatives d'excellence notamment, quelque 16 milliards du grand emprunt iraient directement ou indirectement aux entreprises. Première servie celles qui développement les véhicules du futur. En commençant par ceux qui volent.
Le secteur aéronautique va recevoir 1,5 milliard d'euros du grand emprunt, auquel s'ajoute un demi-milliard pour l'Espace. La signature lors du Bourget par le président de la république des conventions au titre des investissements d'avenir avec les industriels donne le feu pour les premiers versements.
Quatre grands projets ont été retenus : l'hélicoptère du futur (300 millions d'euros), les fuselages en matériaux composites (105 millions), les moteurs moins gourmands en carburant (155 millions), le projet X4 d'hélicoptère lourd de 4 tonnes et successeur du Dauphin (250 millions). D'autres programmes vont s'ajouter à cette première liste : l'avionique modulaire, l'avion plus électrique, l'A350 XWB...
C’est la somme apportée par le gouvernement aux travaux du Conseil pour la recherche aéronautique civile (CORAC). Il s'agira notamment d'étudier l'impact sur le changement climatique des traînées à condensation de vapeurs d'eau émises par les moteurs d'avion à très haute altitude et de développer les biocarburants.
Chaque projet est dirigé par un chef de file. Pour l'hélicoptère du futur, Eurocopter est leader entouré de ses partenaires comme Turbomeca (pour la turbine), Sagem et Thales pour l'avionique.
Les PME bénéficieront également de ces aides financières, soit en tant que fournisseurs, ou partenaires directs des programmes financés. "Les premiers versements aux industriels devront se faire avant la fin de l'année, le temps de finaliser les contrats en termes d'objectifs et de calendrier. Cet argent va permettre d'aller environ deux fois plus vite", explique Denis Maugars, PDG de l'ONERA qui agit comme l'opérateur du grand emprunt pour le secteur aéronautique.
Le grand emprunt a été particulièrement généreux avec la filière hélicoptère : 550 millions d'euros lui sont alloués, dont 315 millions pour Eurocopter. L'objectif : financer des briques de technologies pour développer des démonstrateurs (avionique, pale, éléments de structure, systèmes et propulsion) afin de préparer l'hélico du futur. Son nom de code : X4, une machine appartenant à la classe des 4-5 tonnes (Dauphin). Elle devra faire une rupture radicale pour mieux s'intégrer dans le trafic, être beaucoup plus silencieuse, consommer moins de carburant (au moins 20 % d'économie visée).
Malgré les déclarations, le timing pour débloquer les fonds reste flou. Selon un porte-parole d'Eurocopter, "il faut attendre encore des arbitrages ministériels. L'Onera, la DGAC et les industriels vont rédiger des conventions pour toucher l'argent. Cela prendra quelques mois. Mais l'objectif reste de produire un premier prototype du X4 en 2016."
Aurélie Barbaux, Hassan Meddah et Guillaume Lecompte-Boinet

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