L’accord PS / EEVL sur le nucléaire partiellement mis à mal
Par Barbara Leblanc - Publié le
Le pacte passé entre les écologistes (Europe Ecologie Les Verts) et le parti socialiste le 15 novembre créent des remous. Le principal point d’achoppement reste le combustible nucléaire MOX
Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, annonce le 16 novembre que la direction du parti socialiste a retiré provisoirement le passage évoquant une reconversion de la filière du MOX de l’accord passé avec les écologistes le 15 novembre.
Benoît Hamon estime qu’il faut du temps pour clarifier une différence d’interprétation entre les deux camps politiques. "Ce paragraphe faisant l'objet de deux interprétations différentes, on l'a retiré de l'examen du Bureau national (qui s'est tenu mardi soir)", souligne-t-il.
Sans préciser à quelle date, le porte-parole assure que les négociateurs socialistes, à savoir Guillaume Bachelay et Michel Sapin devaient reparler du sujet avec leurs homologues écologistes. Mais l'équipe de campagne du candidat socialiste François Hollande affirme qu'il faut garder la filière MOX. "Tant qu'il y aura des centrales nucléaires en activité, il nous faudra produire du combustible et le retraiter", assure Manuel Valls, directeur de la communication du candidat.
Du côté du groupe EEVL, le porte-parole, Pascal Durand s’insurge et explique que "des textes modifiés après accord, on a rarement vu ça". Jacques Archimbaud, l'un des négociateurs du mouvement rappelle que les signataires du texte, Martine Aubry et Cécile Duflot, ont relu et relu ligne par ligne l’accord et tous les mots ont été pesés minutieusement. Mais la secrétaire nationale du parti, Cécile Duflot, assure que l'accord est toujours valide.
Dans l’accord conclu le 15 novembre, les deux groupes politiques avaient trouvé un accord sur la fermeture de 24 réacteurs d'ici 2025, l'arrêt du retraitement et de la filière MOX (combustible mélangé de l'uranium et du plutonium), une politique d'efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables, la réduction de la consommation d'électricité et la mise en place d'une filière d'excellence du démantèlement des réacteurs nucléaires.
Appel d 'Areva
Ce revirement de situation est intervenu après un appel de la part du groupe nucléaire français Areva. Un porte-parole contacté par L’Usine Nouvelle souligne que la direction a fait part au groupe socialiste "des conséquences économiques, sociales, industrielles, environnementales très graves que pourrait avoir un arrêt du retraitement et de la filière du combustible MOX". Notamment, cette situation conduirait à la "disparition du leadership de la France dans le nucléaire civil", selon Areva.
Le député-maire PS de Cherbourg, Bernard Cazeneuve, devenu entre temps porte parole du candidat socialiste, François Hollande, confirme avoir été interrogé sur le contenu de l’accord par le groupe Areva. Il a notamment tenté de rassurer la direction du groupe en lui assurant "qu’il n’y avait pas de menace pour l’usine Areva de retraitement nucléaire de la Hague".
En effet, la direction confie à L’Usine Nouvelle qu’elle a été dans l’obligation de calmer les inquiétudes des salariés sur les sites de la Hague et de Marcoule, suite à la conclusion de l’accord entre le parti socialiste et les écologistes.
Près de 5 000 personnes travaillent sur le site de La Hague et quelque 1 300 dans l'usine Melox qui produit le combustible recyclé Mox à Marcoule (Gard). Areva estime que 14 000 emplois dépendent au total de ces sites, dont 10 000 dans le Cotentin.
Officiellement, le groupe attend un accord signé pour réagir.
Avec l'aide de Ludovic Dupin

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