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Kyoto, deux ans déjà

Le 16 février 2007 par Rédaction L'Usine Nouvelle
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Alors que le protocole de Kyoto fête son deuxième anniversaire, le commissaire européen, Stavros Dimas, appelle la communauté internationale à entamer rapidement des négociations pour un traité mondial sur l'environnement.

Il y a deux ans jour pour jour, le protocole de Kyoto sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre entrait en vigueur. Depuis, les choses ont bien évolué et le changement climatique ne quitte plus le devant de la scène.

En France, cette année électorale a vu tous les partis, ou presque, se rallier à la bannière de Nicolas Hulot. A Davos, où le gratin planétaire était réuni en janvier,  les engagements en faveur de l'environnement se sont multipliés. Aux Etats-Unis, Georges Bush "himself" a fini par reconnaitre le danger que court la planète. Et partout, les rapports alarmistes se multiplient.

Cette prise de conscience est naturellement salutaire. Pour autant, tout ou presque, reste à faire. Dans le cadre de Kyoto, les pays développés doivent réduire leurs émissions de 5 % en 2012 par rapport à 1990, et de 8 % pour les pays de l'UE. Mais si à ce jour 156 pays l'ont ratifié, les États-Unis et l'Australie, notamment, sont toujours restés à l'écart. Pourtant « il est indispensable que les Etats-Unis et tous les autres principaux émetteurs s'associent à ses efforts », a martelé Stavros Dimas, le commissaire européen en charge de l'environnement, lors de la célébration du deuxième anniversaire du protocole.

Vers un accord mondial ?

Pour l'après-Kyoto -le protocole expirant en 2012-, Stavros Dimas invite la communauté internationale à entamer rapidement des négociations en vue d'un traité général sur l'environnement. « La très grave menace que constitue le changement climatique concerne l'ensemble de la planète, et seule une solution mondiale permettra d'y répondre », a-t-il expliqué. Pour lui, « les pays développés devront réduire collectivement leurs émissions de 30 % d'ici à 2020, par rapport au niveau de 1990 » et « les pays en développement doivent, eux aussi, commencer à limiter l'augmentation de leurs émissions en fonction de leurs possibilités ».

En attendant un éventuel accord au niveau planétaire, les euro-députés se sont prononcés mardi pour une réduction d'au moins 30 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, par rapport à leur niveau de 1990. Pour y arriver, la Commission propose des objectifs contraignants : 20 % d'énergies renouvelables d'ici 2020 et 10 % de biocarburants. Un projet qui a fait grincer des dents jeudi, lorsque les  27 ont reculé devant tant d'ambition. Si aucun pays n'a contesté la proposition d'une réduction de 30 % des gaz à effet de serre produits en 2020, l'objectif de produire 20% d'énergies renouvelables d'ici à 2020 pour y parvenir n'a pas été rendu contraignant. Les 27 préfèrent des objectifs nationaux qui tiennent compte de la situation particulière de chaque Etats.

« Tout le monde s'accorde sur l'importance d'avoir des objectifs communs », a expliqué le ministre français de l'Industrie, François Loos. « Mais la façon dont c'est décliné doit être laissée aux Etats membres. » Une façon à peine voilée de défendre le nucléaire plutôt que les énergies renouvelables.

Bertrand Beauté

Pour en savoir plus :
- Lire notre interview de Stavros Dimas
- Découvrir les initiatives de l'UE concernant le changement climatique


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