Le patron du constructeur automobile a démissionné, annonce Opel dans un communiqué publié jeudi 12 juillet.
L'Allemand, nommé en 2011 pour prendre les rênes de la filiale, assurera désormais des "missions spéciales" pour General Motors. Karl-Friedrich Stracke était non seulement patron d’Opel, la filiale du géant américain, mais également président de General Motors Europe. Il a démissionné de ces deux fonctions. Karl-Friedrich Stracke a tenté de remettre Opel / Vauxhall sur la voie d'une rentabilité durable dans le contexte d'une récession économique européenne massive.
Stephen Girsky, le vice-président de GM, prendra l’intérim à la tête de GM Europe. Lorsque le groupe avait été placé sous chapter 11 - une procédure de sauvegarde du droit américain - il avait procédé à la restructuration de GM. "La recherche d'un successeur pour Karl-Friedrich Stracke a débuté", précise Opel, qui semble avoir été pris au dépourvu par cette décision. Le constructeur a ajouté que son conseil de surveillance allait se réunir sous peu pour lui désigner un successeur par intérim.
Depuis de nombreuses années, Opel est confronté à de graves difficultés financières. Sa part de marché en Europe ne cesse de fondre -atteignant 7,2% en mai contre 7,6% un an plus tôt-, à l'instar de ses ventes, en recul de 12,6% en mai sur douze mois.
En juin dernier, interrogé par L'Usine Nouvelle, Karl-Friedrich Stracke faisait le point sur la situation de la marque au Blitz. Il expliquait alors que le problème d'Opel était General Motors. "Alors qu’Audi ou Volkswagen jouent sur les investissements dans la technologie et la qualité, GM a adopté depuis 25 ans une stratégie au rabais, de réduction des coûts. Face à des pays comme la Chine et la Corée du Sud, cette stratégie low-cost ne fonctionne pas", justifiait-il alors.
Cette annonce intervient le jour où PSA lève le voile sur son plan de restructuration. En début de journée, la sanction est tombée pour l'usine d'Aulnay. Le constructeur a décidé d'en arrêter la production en 2014. La mauvaise nouvelle a une résonance toute particulière en Allemagne où le site Opel de Bochum était considéré comme menacé, au même titre que celui d'Aulnay. L'usine allemande fermera, elle, en 2016.
On peut aujourd'hui supposer que si chaque constructeur restructure dans son pays, en creux c'est aussi la cartographie industrielle de l'alliance PSA-GM qui est en train de se dessiner.









