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Juncker exhorte l'UE à ne pas céder aux exigences britanniques

Publié le

PARIS (Reuters) - Il ne faut pas faire de concessions au Royaume-Uni sur la régulation financière pour prix de son accord sur un nouveau traité européen qui permettrait une meilleure discipline budgétaire, a déclaré le président de l'Eurogroupe.

Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a accordé au Monde une interview publiée jeudi, quelques heures avant un Conseil européen crucial où les dirigeants européens doivent aplanir leurs divergences sur l'architecture future de l'euro afin de faire face à la crise de la dette.

Pour la France et l'Allemagne, cela se fera de préférence dans un traité signé par les 27 Etats membres de l'UE ou, en cas de blocage, seulement par les 17 membres de la zone euro.

Jean-Claude Juncker a mis en garde contre le risque qu'il y aurait à faire trop de concessions au Royaume-Uni, qui veut éviter toute discipline en matière de régulation financière pour protéger la City de Londres et entend rapatrier certaines compétences, notamment en matière sociale.

"En échange d'une réforme à Vingt-Sept, il ne faut pas donner au Royaume-Uni des espaces de liberté qui lui permettent de faire ce qu'il veut en matière de régulation financière, alors que les autres centres financiers seraient davantage encadrés au sein de la zone euro", déclare-t-il.

Le Luxembourg est un important centre financier.

"Je n'aimerais pas non plus l'idée d'avoir un traité à Vingt-Sept avec des dérogations pour les Britanniques sur les questions sociales", a ajouté le président de l'Eurogroupe.

Pour lui, il faut qu'en cas de désaccord au sein de l'UE, les 17 pays membres de la monnaie unique puissent utiliser les institutions des Vingt-Sept.

"Nous n'allons tout de même pas inventer une nouvelle Commission européenne parce que le Royaume-Uni menace de saisir la Cour de justice contre l'utilisation des institutions communautaires par la zone euro", a-t-il poursuivi.

Jean-Claude Juncker estime également que le gouvernement français a raison de refuser un troisième plan de rigueur, même si des "ajustements seront sans doute nécessaires."

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a prévenu jeudi qu'il n'hésiterait pas à opposer un veto à un traité si celui-ci ne préservait pas les intérêts de la Grande-Bretagne.

Yves Clarisse

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