Julien Roitman (président d’Ingénieurs et scientifiques de France) : « Il faut créer un ordre des ingénieurs ! »
Par Laurent Guez - Publié le
articles liés
CNISF: Julien Roitman (Supelec) prend la présidence du Conseil national François Fillon rend hommage aux ingénieurs et scientifiques françaisAlors qu’une polémique s’engage sur le titre d’ingénieur, le porte-parole de la profession lance l’idée d’un ordre, à l’instar de celui des médecins ou des avocats.
« Il faut créer un ordre des ingénieurs ! », déclare à « L’Usine Nouvelle » Julien Roitman, président d’Ingénieurs et scientifiques de France. Pourquoi cette idée ? Et pourquoi maintenant ? Depuis quelques jours, une polémique s’engage sur le titre lui-même d’ingénieur. Peut-il être délivré par l’université ? Oui, répond en substance l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES), autorité administrative indépendante créée en 2007. Elle vient de publier un rapport, intitulé sobrement «Formation universitaire au métier d’ingénieur ». Ce texte est une petite bombe dans le microcosme : il préconise notamment de créer un « master en ingénierie », ouvert à toutes les facs ou presque.
Réaction immédiate de la Commission des titres d’ingénieur (CTI). La Commission rappelle d’abord qu’en vertu de la loi, elle seule est habilitée à dire quel établissement peut former un ingénieur au sens strict. « Depuis des années, explique la CTI dans un communiqué, nous avons cherché – sans succès – à coordonner nos activités avec celles de l’AERES ». La CTI a déjà labellisé 40 universités françaises, habilitées à délivrer le titre d’ingénieur. Elle n’est donc pas contre l’élargissement a priori, mais souhaite au minimum être associée à la réflexion… Inquiet lui aussi du rapport de l’AERES, le Bureau national des élèves ingénieurs a dégainé un communiqué pour protester contre la méthode.
C’est dans ce contexte tendu que Julien Roitman réitère, tranquillement, sa proposition. Plutôt que de participer à la polémique, le porte-parole des ingénieurs préfère donc lancer l’idée de créer un ordre, à l’instar de celui des avocats ou des médecins. « Cela permettrait de définir avec précision les exigences requises pour exercer le métier d’ingénieur. D’après nous, il faut justifier d’un niveau Bac + 5. Il faut aussi exercer réellement la profession (ce n’est pas le cas pour ceux qui travaillent dans la finance, par exemple). Il convient aussi de bénéficier d’une expérience reconnue (au Québec, cette expérience doit être d’ua moins deux ans). Enfin, il faut respecter une déontologie. »
Le président d’Ingénieurs et scientifiques de France est conscient qu’il s’agit là d’un projet ambitieux : la création d’un ordre professionnel ne peut se faire que par voie législative. Mais l’association qu’il préside depuis juin a des arguments, et les prémices d’une telle organisation. Elle dispose déjà d’une charte déontologique et d’une liste de tous les diplômés, document qui préfigure un « registre » ordinal. Cette liste, baptisée « Répertoire », est d’ailleurs consultable sur le site de l’organisation. Le reste est affaire de lobbying. Et de patience.
1 réaction
trimar | 21/12/2010 - 22H26
Ave
voici venu , avec vous , le bon temps du corporatisme !
désolé vous avez 800 ans de retard.
les ingénieurs , actuellement , les vrais , ceux qui inventent qq chose ,
je les recrute en INDE

dans la même rubrique
26/05/2012 La sémantique de l'industrie26/05/2012 L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman
26/05/2012 "Je suis fasciné par les technologies sans fil"












