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Joyeux Noël, et bonne R&D

Par Laurent Guez - Publié le
Laurent Guez, directeur de la rédaction

En pleine crise de sa dette, l’État continue de miser sur la recherche. Dopée par les investissements d’avenir, la R&D publique devrait représenter 28 milliards d’euros en 2011, selon les chiffres de l’Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT). C’est peut-être l’une des meilleures nouvelles de cette fin d’année ! Pour un pays mature comme le nôtre, y compris s’il est surendetté, ces dépenses sont vitales. Les économies budgétaires ? Il faudra en trouver, mais ailleurs. Si l’on inclut les entreprises privées, la recherche-développement représentera 2,3% du PIB en 2011, la meilleure performance depuis 1995. Certains scénarios évoquent même des chiffres supérieurs (2,5%, voire 2,7% suivant les hypothèses). Et pourtant, nous sommes encore loin du compte, c’est-à-dire des objectifs que se sont fixés les Vingt-Sept. La stratégie communautaire "Europe 2020", comme avant elle la stratégie dite "de Lisbonne", préconise un effort de R&D équivalent à 3% de la richesse nationale, dont les deux tiers issus du privé. Or, en France, le rapport est inverse avec deux tiers des investissements venus de la recherche publique.

"Aujourd’hui, le maillon faible, c’est le privé", déclare ainsi le ministre de la Recherche, Laurent Wauquiez, qui a rencontré les lecteurs de "L’Usine Nouvelle" la semaine dernière (lire page 44 du magazine). Maillon faible ? Comme il y va ! Les dirigeants n’aiment pas recevoir de leçons des ministres. Ils auraient plutôt le sentiment de se décarcasser malgré les embûches placées sur leur route par les pouvoirs publics. Et puis, ils sont nombreux à faire bouger les lignes de l’innovation. Il suffit de découvrir le palmarès 2011 de notre Prix des ingénieurs de l’année pour mesurer à quel point la France a du talent. Force est pourtant de reconnaître que le jeune ministre appuie là où ça fait mal. En dehors des secteurs ou des groupes très en pointe, nos industriels n’en font pas assez. Pour le dire plus poliment, ils peuvent faire mieux. C’est tout le mal qu’on leur souhaite pour 2012.

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