Journée noire pour les laboratoires Servier
Par Barbara Leblanc - Publié le
Le groupe pharmaceutique est pris dans la tourmente judiciaire. Selon son avocat, Me Hervé Temime, des convocations ont été envoyées en vue d’une mise en examen des laboratoires.
Les trois juges d’instruction parisiens en charge du dossier du Mediator ont convoqué les responsables des laboratoires Servier. Ils veulent les entendre dans le cadre des informations judiciaires pour tromperie aggravée, homicides et blessures involontaires et escroquerie au préjudice des caisses de Sécurité sociale et des mutuelles. Selon l’avocat des laboratoires, cette convocation pourrait déboucher sur une mise en examen. Pour l’heure, ni la date, ni les chefs d’accusation n’ont été révélés.
Cette annonce intervient quelques heures après la publication dans deux quotidiens français de témoignages à charge contre les laboratoires. Deux anciens collaborateurs des laboratoires ont expliqué que le Mediator présentait les caractéristiques d'un coupe-faim plus que d'un antidiabétique, caractéristiques qui auraient été dissimulées.
Des informations auxquelles le laboratoire a immédiatement répondu. Par communiqué, il a réfuté toute volonté de tromperie. "Les Laboratoires Servier réaffirment formellement n'avoir trompé ni les autorités de santé ni les patients", assure le groupe.
Comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, l’association de défense des victimes de l’Isoméride et du Mediator (Avim) a fait une annonce aussi le 6 septembre. Son président, Dr Dominique Michel Courtois, a révélé que l’association allait déposer d’ici à la fin septembre plus de 300 plaintes pour tromperie aggravée contre Servier. Elle accuse Servier d’avoir menti sur les caractéristiques du médicament présenté comme antidiabétique. L’association avait déjà déposé en janvier 2011 une centaine de plaintes pour homicide et blessures involontaires.
Le laboratoire se trouve donc au cœur de la tourmente judiciaire dans le dossier du Mediator. Et ce, seulement quelques jours après la mise en place du fonds d’indemnisation des victimes de ce traitement. Selon le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, plusieurs centaines de dossiers ont déjà été déposés en trois jours.

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