Jec Composites : trois innovations insolites à ne pas manquer

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Pour son édition 2013, le salon des matériaux composites a encore fait la part belle aux innovations. Parmi elles : un piano en carbone, un siège auto en soja et un zodiac en lin.

Il réserve toujours des surprises ! Le salon Jec Composites, qui s’est tenu à Paris Porte de Versailles du 12 au 14 mars, a été l’occasion de montrer ce qui se fait de mieux dans les matériaux composites. Un secteur qui pèse de plus en plus lourd : avec une croissance mondiale de 6% par an depuis 2010, selon les chiffres du JEC qui organise le salon, ces matériaux représentent aujourd’hui un marché de près de 82 milliards d’euros.

Une bonne santé qui pousse le JEC à établir des pronostics optimistes. Le secteur des matériaux composites dédiés à l’aérospatial, en pointe dans le domaine, devrait par exemple voir sa taille multipliée par quatre d’ici à 2030. Mais l’un des principaux enjeux de développement des composites réside surtout dans sa massification, son aptitude à intégrer des secteurs de consommation de masse comme l’automobile, les sports et loisirs ou bien encore l’électronique. Le secteur pourrait ainsi passer de 9,2 millions de tonnes de matériaux produits en 2012 à 12 millions en 2017. Pour y parvenir, les industriels vont devoir proposer des solutions originales. Trois exemples d’utilisations insolites qui prouvent leur dynamisme.

Un piano en fibres de carbone

Quelques notes de piano cristallines se remarquent très vite dans un salon professionnel. Le piano noir tout en fibres de carbone, qui trône dans le stand des innovations, a eu son petit succès. Les visiteurs n’hésitant pas à le prendre en photo ou à improviser quelques mélodies. Au-delà de la curiosité, se cache un véritable projet collaboratif mené deux années durant.

 

Ce piano a été produit par le fabricant britannique d’instrument de musique Hurstwood Farm Piano Studio, conçu par le consultant Simpact et assemblé par le suisse Retrac Composites. Quant aux fibres de carbone, elles ont été fournies par la société italienne Saati. "Contrairement au piano en bois, celui-ci n’est pas affecté par les différences de températures et d’humidité, précise Davide Squizzato, directeur technique des ventes chez Saati. Et il est surtout beaucoup plus léger. Il suffit de deux personnes pour le soulever, contre cinq avec un piano standard".

Conçu pour une production industrielle, ce piano unique en son genre n’est donc pas qu’un objet de curiosité. Son prix serait même comparable aux pianos haut de gamme du marché. Il prouve en tout cas que les composites sont capables de s’adapter à des applications pointues et grand public.

Des sièges auto en soja

Alors que le lin et le chanvre tentent d’opérer une percée dans le secteur automobile, un autre produit naturel a déjà une longueur d’avance : le soja. "Aux Etats-Unis, le groupe Ford emploie déjà depuis trois ans des mousses pour fauteuils dont le poids est constitué de 5% de soja, assure Dwight Rust, directeur commercial dans la branche plastiques composites chez USB. Et cette part pourrait bientôt monter jusqu’à 20% !".

 

United Soybean Board (USB) est un organisme américain qui représente les cultivateurs de soja du pays. Il tente depuis peu de faire valoir les propriétés qui peuvent être tirées de l’huile de soja et l’étendue des possibilités : sa modification chimique et son incorporation par exemple dans des résines thermodurcissable classique ouvre la voie à des nombreuses applications dans l’automobile (mousse pour fauteuil, pièces rigides de structure…).

C’est la première année qu’USB, qui a entamé des recherches en vue d’applications composites en 1999, est présent à l’édition française du Jec Composites. Et cela ne doit rien au hasard : l’organisme tente de faire connaître ses produits aux acteurs européens. "Une personne de PSA est venue nous voir, raconte Dwight Rust. La balle est dans son camp !"

Un zodiac en lin

C’était l’une des attractions du stand innovation. Un zodiac dont la carène et le pont sont moulés en RTM (Moulage par injection de résine) et intègrent des renforts en lin technique. Ces concepteurs mettent en avant les atouts de ces renforts en matière d’impact environnemental, notamment par rapport à la fibre de verre et la fibre de carbone.

 

Fait remarquable : ce bateau ultra innovant est estampillé "100% français". Lancé en avril 2012, ce projet réunis en effet de nombreux acteurs industriels qui sont membres ou associés de la filière Fimalin. En particulier Flax Technic, spécialisé dans les éco-composites depuis 10 ans, qui a travaillé avec Zodiac, fabricant de bateaux, dans la mise au point et l'industrialisation de ce produit.

Outre l’emploi de lin, ce bateau a également été totalement éco-conçu : diminution du temps de cycle de production, amélioration de la qualité et de la régularité des pièces, réduction des émanations de composés organiques volatils et intégration de fonctions dans le composite.

Dans les composites, le Made in France a de l’avenir!

Olivier James

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