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L'Usine Aéro

Jean-Yves Le Drian réceptionne six A400M mais reste ferme vis-à-vis d'Airbus

Pierre Monnier , ,

Publié le

La France dispose désormais de six A400M mis aux normes tactiques définies par le plan "Hexagone". Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, s'est rendu sur la base aérienne 123 d'Orléans (Loiret) pour acter la livraison des avions de transport militaire d'Airbus. Il a tout de même mis en garde l'avionneur européen sur la fragilité de la confiance retrouvée.

Jean-Yves Le Drian réceptionne six A400M mais reste ferme vis-à-vis d'Airbus
Jean-Yves Le Drian avec des pilotes A400M de la base aérienne 123 d'Orléans (Loiret).
© Pierre Monnier - L'Usine Nouvelle

"Le pari a été tenu, à quelques jours près." C'est par cette satisfaction en demi-teinte que Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a acté la réussite du plan "Hexagone" depuis la base aérienne 123 d'Orléans (Loiret), le 2 mars. Ce plan portait sur la livraison avant la fin d'année 2016 de six exemplaires de l'A400M aux normes tactiques revues à la hausse. Il aura finalement fallu attendre la fin du mois de février 2017 pour voir le sixième appareil rejoindre les forces de l'armée de l'air.

Au total, la France dispose de 11 A400M, l'avion de transport militaire, tant décrié, développé par Airbus. Cependant, les six exemplaires du plan "Hexagone" (3 neufs et 3 rétrofités) sont les seuls de la flotte française équipés de capacités tactiques telles que l'aérolargage de parachutiste depuis les portes latérales, l'aérolargage de matériel, la mise en œuvre sur terrain sommaire (atterrissage hors-piste) ou encore l'auto-protection pour évoluer en zone de menace. "Hexagone constitue la première brique qui permet d'élargir progressivement le champ d'emploi des A400M sur les différents théâtres", estime Jean-Yves Le Drian.

"Hexagone", un vrai défi pour Airbus

Pourtant, la réalisation de ce "contrat moral avec Airbus", comme le qualifie le ministre, avait tout pour s'effondrer. A sa signature en juillet 2015, le traumatisme du crash de l'A400M turque deux mois plus tôt, qui a causé la mort de quatre des six membres de son équipage, est encore pesant. L'avionneur européen décide tout de même de relever le défi. Mais début 2016, un nouveau problème technique est détecté. Les boites relais faisant le lien entre le moteur et les hélices de l'appareil, les PGB (pour Propeller Gear Box), sont à l'origine d'un phénomène vibratoire à l'utilisation.

Aujourd'hui, une solution intérimaire a été trouvée et certifiée. D'ici la fin du printemps 2017, l'ensemble des A400M subiront une modification de leur PGB appelée "truncated plug" qui consiste à raccourcir l'un des pignons afin de déplacer la fréquence de résonance. Certifiée mi-2016, cette méthode est néanmoins contraignante puisque l'appareil doit subir une inspection après 650 heures de vol (soit environ un an), suivie d'une nouvelle inspection toutes les 250 heures. Une seconde solution doit être certifiée ce printemps, le pack 2. Mais son installation ne sera pas indispensable. Si le pack 2 permet de se passer d'inspections régulières (hors maintenance), les coûts engendrés par l'immobilisation des A400M font qu'ils chercheront à éviter de l'installer.

Le Drian met en garde Enders

Dans son discours, le ministre de la Défense a tenu à envoyer un message clair. "Le partenariat qui nous unit à l'entreprise franco-allemande d'aéronautique doit respecter la vocation autant militaire que civile de cette dernière. Tom Enders le sait et, je crois, l'entend." Le patron d'Airbus avait visé le programme A400M pour justifier une provision de 2,2 milliards d'euros, lors des résultats annuels du groupe. Le même jour, les ministres de la Défense des pays-clients (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, Belgique, Luxembourg et Turquie) recevaient une lettre du groupe appelant à "réengager des discutions". Jean-Yves Le Drian a alors prévenu : "C'est bien connu, la confiance se perd plus vite qu'elle ne se gagne."

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