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Jean Therme : "EDF et le CEA vont continuer à travailler ensemble pour Photowatt"

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Cellules photovoltaïques d'hétérojonctions sur lesquelles travaillent les équipes du CEA à l'INES
Cellules photovoltaïques d'hétérojonctions sur lesquelles travaillent les équipes du CEA à l'INES
© CEA

Pour la première fois, le directeur de la recherche technologique et directeur délégué aux énergies renouvelables du CEA, Jean Therme, s’exprime sur l’avenir de Photowatt.

Pour Jean Therme, la reprise par EDF du fabricant français de cellules et de modules photovoltaïques Photowatt s’inscrit "dans la continuité du travail engagé depuis 2006 au sein de PV Alliance ». « C’est la solution la plus solide et la plus porteuse d’espoir industriel", estime-t-il.

Jean Therme en est convaincu : "Le photovoltaïque est une des grandes technologies d’avenir que doit maitriser un pays avancé. Et je ne crois pas qu’à court et moyen termes, des technologies alternatives puissent remplacer le silicium, qui est l’un des matériaux les plus présents sur la planète. Je pense en outre qu’il n’est pas raisonnable qu’il reste uniquement dans les mains des fabricants chinois."

Pour Jean Therme, "Photowatt va produire des modules qu’EDF va mettre en œuvre sur des champs photovoltaïques. Dans un premier temps, elle continuera avec l’homojonction, dans un second temps avec l’hétérojonction". Photowatt opère sur son site de Bourgoin-Jallieu (Isère) un lab fab spécialisé dans l’homojonction.

Un second lab fab dédié à l’hétérojonction est aujourd’hui piloté par les équipes du CEA sur le site de l’Institut national de l’énergie solaire (Ines) au Bourget-du-Lac (Savoie). Les deux lab fabs s’appuient sur le savoir-faire du CEA en photovoltaïque mais aussi en microélectronique.

Celui dévolu à l’hétérojonction exploite le savoir-faire de machines de production d’écrans plats dont "la productivité peut être considérablement augmentée, d’une part en augmentant la taille des fournées de cellules et d’autre part en mettant en œuvre des couches ultrafines", explique le directeur du CEA. L’objectif est d’atteindre un coût de production de 0,6 euro du watt-crête à échéance de trois ans. "C’est ce que j’appelle la deuxième génération du PV, celle de la haute technologie à bas coût."

D’une capacité de 30 MW, le lab fab sur le site de l’Ines est un pilote industriel. Une ligne de production, de 80 mètres de longueur, de 120 tonnes, dérivée de celle des écrans plats, a été installée au dernier trimestre 2011 par vingt-cinq techniciens et ingénieurs coréens de l’équipementier Jusung, qui souhaite se diversifier dans le photovoltaïque. Les premières plaques ont été produites avant Noël. La qualification finale de la machine devrait être effective en avril. L’objectif est d’atteindre cet été un rendement de 20 % en pleine production.

EDF est désormais le seul actionnaire de PV Alliance et à ce titre propriétaire du lab fab homojonction. "EDF et le CEA vont continuer à travailler ensemble, affirme Jean Therme. C’est un montage idéal pour la France. Le CEA a le savoir-faire technologique, Photowatt le savoir-faire industriel et EDF est un opérateur majeur dans l’énergie."

Au sein de PV Alliance, Photowatt et EDF avaient déjà obtenu une licence exclusive partagée au niveau mondial pour exploiter la technologie d’hétérojonction développée par le CEA. Près de 70 millions d’euros ont été investis depuis 2008 dans cette technologie, "porteuse d’avenir, selon Jean Therme, et qui peut encore beaucoup progresser."

Parallèlement, le CEA cherche à réduire le coût de production du silicium et travaille avec Ferro Atlantica à produire un niveau de pureté de silicium "juste nécessaire" et avec ECM (candidat à la reprise de Photowatt) et d’autres PME françaises au développement d’une nouvelle génération de matériau "quasi-mono" pour produire des plaques plus fines, recycler les résidus de sciage, économiser de la matière et diminuer les prix, aux environs de 0,6 voire 0,5 euro du watt-crête. Ce type de silicium pourrait être utilisé dans les fours de Photowatt, moyennant quelques adaptations.

Les équipes du CEA à l’Ines collaborent également avec l’entreprise mayennaise MPO (qui avait également déposé un dossier de reprise de Photowatt) sur une autre technologie d’homojonction de modules photovoltaïques. Pour Jean Therme, la création d’une filière photovoltaïque française est plus que jamais d’actualité.

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