Jean-Marc Ayrault renoue le dialogue avec les industriels de la santé

Par  - Publié le
Jean-Marc Ayrault
© jmayrault - Flickr - C.C.

Laisser derrière l’affaire Mediator et le plan de restructuration de Sanofi. Ce mardi matin, le premier Ministre a voulu tendre la main aux laboratoires pharmaceutiques, en participant avec plusieurs ministres aux Rencontres Internationales de Recherche.

Entre l’annonce de nouvelles baisses de prix des médicaments dans le cadre du PLFSS 2013, et le bras de fer entre Arnaud Montebourg et les dirigeants de Sanofi, les dernières semaines n’avaient pas été propices à une réconciliation entre le gouvernement et l’industrie du médicament. En participant aux 4e Rencontres Internationales de Recherche (RIR), organisées ce mardi à la Maison de la Chimie à Paris, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a voulu tendre la main à ce "secteur d’excellence pour la France, qui exporte et qui emploie plus de 300 000 personnes".

"Sortir définitivement de l’ère du soupçon"

Son projet : restaurer un "dialogue équilibré et responsable" pour "sortir définitivement de l’ère du soupçon" suscité par l’affaire Mediator. "Les médecins chercheurs et industries de santé n’ont pas à cacher leur collaboration, au service de l’innovation et du progrès médical", estime le Premier ministre. Organisées depuis quatre ans, les RIR sont en effet destinées à susciter des partenariats entre 28 industries de santé et des médecins et chercheurs des différentes institutions publiques françaises (Inserm, CNRS…).

La reconduction des rendez-vous mis en place par Sarkozy

Jean-Marc Ayrault dit vouloir aller plus loin. Le dialogue qu’il souhaite nouer avec les entreprises de santé devra intégrer trois dimensions : "la recherche, la santé et la politique industrielle". Il a donc décidé de poursuivre le Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), un rendez-vous réunissant industriels et gouvernement organisé tous les deux ans sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Le CSIS devra s’appuyer sur le comité stratégique de filière des industries de technologies de santé, qui devrait se réunir en début d’année prochaine à l’initiative du ministre du redressement productif. Des promesses que les ministres devront veiller à tenir…

10% des investissements d’avenir pour la santé

Si Jean-Marc Ayrault ne compte pas revenir sur le milliard d’euros de baisses de prix sur les médicaments princeps, les génériques et les dispositifs médicaux exigés par le PLFSS, "nous devons veiller au juste prix, au juste remboursement, au bon usage des produits de santé, mais il nous faut aussi préserver la capacité d’innovation des entreprises et garantir l’égalité d’accès aux progrès médicaux", précise-t-il. Ses propositions : dédier plus de 10% des 35 milliards d’euros des investissements d’avenir à la santé. Mais aussi étendre le crédit impôt recherche "aux dépenses dites d’innovation pour les PME/PMI, très présentes dans ce secteur."

Enfin, il espère que son Pacte national pour la compétitivité, la croissance et l’emploi – présenté la semaine dernière - sera un signal fort pour inciter les entreprises à engager les "investissements financiers parfois très importants" nécessaires dans la recherche et l’innovation biomédicale. En particulier dans la lutte contre le cancer, la thématique retenue par les RIR 2012, qui reste encore la première cause de mortalité en France.

"La France, un pays trop cloisonné" pour Geneviève Fioraso

"En suscitant les rencontres en face à face entre grands dirigeants R&D de l’industrie et des chercheurs académiques de haut niveau, les RIR ont mobilisé 24 entreprises et donné lieu depuis 2008 à plus de 300 accords et partenariats publics privés, pour une valeur de 50 milliards d’euros", se réjouit Claude Bertrand, président de l’Alliance pour la recherche et l’innovation des industries de santé (Ariis). Mais il reste du travail. Car "la France demeure un pays très, trop cloisonné", reconnaît Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Qui estime donc qu’il est de son rôle de « faire en sorte que les entreprises disposent de bons outils pour surmonter la crise de compétitivité que nous traversons», via les 15 mesures opérationnelles en faveur du transfert de l’innovation qu’elle vient de présenter et entend mettre en place d’ici à la fin de l’année.

 

Imprimer

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
Recevez nos newsletters

Identifiez-vous