Jean-Claude Volot : "En France on aime se faire peur avec la crise"
Par Morgane Remy - Publié le
La crise de la dette est dans tous les esprits aux Assises de l’industrie, qui se tiennent aujourd’hui mercredi 19 octobre, à Paris. Mais des questions de fond sont aussi abordées. Comme la relation entre le donneur d’ordre et ses sous-traitants.
"Nos carnets de commandes sont tous pleins", affirme haut et fort Jean-Claude Volot, médiateur inter-entreprises industrielles. Et quand on lui demande si les demandes de médiation augmentent à cause de la crise, il assure qu'"en France on aime se faire peur avec la crise, mais il faut bien distinguer la différence entre l’économie financière et la réelle. Aujourd’hui nous avons peur parce qu’on se demande si les banquiers vont financer nos avions."
Démentant que ça pourrait être lié à la conjoncture économique, il avance que de plus en plus d’entreprises souhaitent bénéficier de médiation. Car la relation donneur d’ordre – sous-traitants n’est toujours pas pacifiée depuis l’année dernière, à la première édition des Assises de l’industrie. "Tout de même, les relations ont évoluées avec la crise, nuance Jérôme Frantz, le président de la fédération des industries mécaniques. Avec la crise de 2008, il a fallu se mettre ensemble pour changer les choses."
"Le système ne marche pas"
Une amélioration donc mais "même aujourd’hui, le système ne marche pas. En Allemagne, par exemple, le partage de la valeur se décide en amont", rappelle Jerôme Frantz. "Aujourd’hui pour être un bon acheteur, il ne suffit pas d’être méchant [avec ses fournisseurs, Ndlr], il doit être intelligent", confirme Jean-Pierre Rivard, président Ile-de-France de la Compagnie des dirigeants et acheteurs de France. Mais faut-il encore qu’un acheteur soit libre de ses mouvements.
"Il y a deux obstacles à de bonnes relations interentreprises, annonce Jean-Claude Volot. La direction financière et la direction juridique. Le premier joue sur le fait que 3 à 5% des factures ne sont jamais réclamés. Et l’autre à vouloir laver plus blanc que blanc avec ses normes nuit à la relation humaine."

dans la même rubrique
26/05/2012 La sémantique de l'industrie26/05/2012 L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman
26/05/2012 "Je suis fasciné par les technologies sans fil"












