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Je suis ceinture noire en Six Sigma

Par Thibaut de Jaegher - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2995

Les usines comme tatami et les coûts pour adversaires... Etienne Destombes excelle dans un art martial un peu particulier et plutôt réservé aux grands groupes : le Six Sigma. Chez Schneider Electric, il en est même devenu l'un des grands maîtres. Depuis septembre, ce titulaire d'un bac + 2 en mécanique fait partie des cinq Masters Black Belts (c'est-à-dire maîtres ceintures noires) en activité chez le spécialiste de l'équipement électrique.

Entré en qualité il y a quinze ans, ce quinqua s'est converti presque naturellement à la méthodologie américaine de réduction des coûts inventée par Motorola. « Après avoir écumé pas mal d'outils qualité et m'être intéressé à la maîtrise statistique des procédés, j'ai vu en Six Sigma l'outil qui me manquait », confie-t-il simplement. Cette rencontre sera une révélation. Après avoir suivi un processus de certification interne chez Schneider Electric et mené avec succès deux chantiers d'amélioration, il décroche le titre de Black Belt en 2002. Et fait ainsi partie des tout premiers salariés convertis au Six Sigma chez l'industriel. Coachant une dizaine de Green Belts (ceintures vertes), il consacre l'essentiel de son temps à la conduite de plusieurs chantiers d'amélioration, dont l'un donnera des résultats assez spectaculaires. « Nous avons réussi à abaisser le délai de livraison d'un produit de soixante à huit jours en seulement quelques mois », sourit-il. Performance qui lui vaudra une lettre de remerciements du client. « Ma plus belle récompense. »

Serein, rigoureux et « charismatique » selon son supérieur hiérarchique, Etienne Destombes aura donc passé ces quatre dernières années à traquer les défauts. Avec une méthode simple : de la pédagogie saupoudrée d'une bonne dose de confiance en soi. « On fait souvent appel à nous après que toutes les solutions classiques de résolution de problèmes aient été essayées, témoigne-t-il. Il ne faut pas se démonter et réussir à persuader les salariés et le management que le jeu en vaut la chandelle. » Et pour convaincre les plus sceptiques, Etienne Destombes possède une botte secrète : son expérience. « En qualité, notre meilleur outil, ce sont nos chaussures, souligne-t-il. Je passe 80 % de mon temps sur site. Et quand j'entame un chantier, je veille toujours à parsemer mes interventions d'histoires vécues. Cela suffit généralement à susciter l'adhésion. »

Un moyen de booster sa carrière

Ses recettes, il compte bien les appliquer dans son nouveau rôle de Master Black Belt, même si celui-ci, plus stratégique, l'oblige à prendre du recul par rapport au terrain. Il se console en se disant que Six Sigma lui aura permis de booster sérieusement sa carrière. Suite à son parcours sans faute en tant que ceinture noire, il a été promu ingénieur à l'automne dans le cadre d'un cursus « maison ». Un statut qui lui a permis de voir son salaire bondir de 30 % d'un coup ! Un nouveau gain à mettre au compte de la méthodologie...1

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