Japon : redémarrage difficile dans les usines automobiles
Par Barbara Leblanc - Publié le
Près d’un mois après la survenance du séisme et du tsunami au Japon, l’industrie automobile continue à être affectée par des pénuries de pièces détachées. A cela s’ajoutent les conséquences des interruptions de transports, de la désorganisation des circuits logistiques ou encore des coupures d’électricité. Des conditions précaires, qui risquent d’impacter la production automobile mondiale pour encore de nombreux jours.
- Encore un peu plus d’une semaine pour Toyota. C’est le 18 avril que le constructeur japonais entend reprendre l’activité de ses usines d’assemblage au Japon. Reste que Toyota précise que le rythme sera réduit. Le constructeur table en effet sur un rythme inférieur à 50% du volume normal. La mise en exploitation des différents sites devrait durer jusqu’au 27 avril, selon Toyota. A compter de cette date, l’ensemble des sites devrait à nouveau être arrêtés dans le cadre de la semaine dorée, enchaînement de jours fériés au Japon. A l’issue de cette trêve, le constructeur n’a encore rien déterminé. "Une décision sera prise après avoir établi un état des lieux concernant l’approvisionnement en pièces", précise Toyota.
Le constructeur avait déjà annoncé un redémarrage d’une partie des sites fin mars. Dans le détail, la production des pièces de rechange a repris le 17 mars, celle des pièces destinées à la fabrication de véhicules hors Japon le 21 mars. Quant aux sites de Tsutsumi et de Kyushu, ils ont redémarré le 28 mars dernier.
Le fabricant japonais a déjà fait savoir qu’il ne devrait pas sortir indemne financièrement de cette situation. Le constructeur a reconnu le 4 avril que la catastrophe au Japon allait inévitablement devoir suspendre tout ou partie de sa production en Amérique du Nord. Sans davantage de détails pour l’heure.
- La situation est comparable pour les compatriotes de Toyota. Honda par exemple espère un retour à un rythme normal de production au Japon d’ici à la mi-avril. Mais plus globalement, le patron de la firme n’attend pas de retour à une cadence antérieure au séisme avant deux à trois mois. Le groupe va aussi réduire de moitié sa production automobile au Royaume-Uni à compter du 11 avril, faute de pièces détachées suffisantes. Un manque qui va avoir des conséquences sur la production dans le pays. Le 30 mars, Honda avait déjà annoncé une réduction de production en Amérique du Nord. Nissan, quant à lui, pense avoir remis en état de marche toutes ses usines d’ici au 11 avril.
- Sur le territoire américain, les constructeurs General Motors et Chrysler ont eux aussi été contraints de réduire leur production. Notamment, GM a fermé une usine au Texas, spécialisée dans la conception de 4x4 à compter du 8 avril. Ce nouvel arrêt intervient après la suspension de production durant la semaine du 21 mars dans son site de Louisiane et sur une ligne de production d’une usine de Buffalo.
Chez Chrysler, la direction a choisi "d’annuler des heures supplémentaires prévues au calendrier de production afin de conserver des pièces détachées (dont l'approvisionnement est) potentiellement affecté par la catastrophe" au Japon. Le constructeur modère cette information en assurant ne pas avoir connu de perturbation dans son programme régulier de production. Le constructeur a surtout réduit le choix des couleurs de certains véhicules. Le troisième Big Three, Ford, a pour sa part fermé un site en Belgique cette semaine.
- En France, le patron du constructeur PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, a reconnu le 5 avril que le groupe pourrait faire face à de nouvelles ruptures d’approvisionnement en provenance du Japon. Et ce, le jour même où la production est revenue à la normale sur les sites. Le groupe a pris des mesures particulières pour tester la radioactivité des pièces pour rassurer les salariés sur ses sites européens. L’objectif étant de vérifier compteur Geiger en main ou via une autre technique, les taux de radioactivité des matériaux provenant du Japon. Quant à son compatriote Renault, il a surtout été affecté à travers le site coréen de sa filiale Samsung. Il a annoncé fin mars la réduction de 20% de sa production.

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