Irak : les pétroliers occidentaux devront attendre
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Ce lundi 30 juin devait être le jour du grand retour des majors occidentales en Irak, cinq ans après une invasion américaine interprétée par beaucoup comme une guerre pour le pétrole, et 36 ans après en avoir été chassées par Saddam Hussein. Manifestement
Le ministère irakien du pétrole devait annoncer ce 30 juin l'attribution de contrats à court-terme à 41 compagnies pétrolières étrangères pour l'extraction du brut dans le nord et le sud du pays. Finalement, l'attribution de ces contrats pour "six gisements pétroliers et deux gisements gaziers" a été repoussée à juin 2009. Les entreprises étrangères ont deux mois pour faire connaître leur intention avant une période de six mois pour affiner leur offre. "Ce ne sont pas des contrats de partage de production, mais des contrats de services", a souligné le ministre du Pétrole Hussein al-Chahristani. "Nous n'avons pas besoin de partager notre pétrole avec qui que ce soit. Le pétrole appartient aux Irakiens", a-t-il martelé.Assistance technique. Les autorités irakiennes ambitionnent d'extraire 3 millions de barils de brut par jour contre 2,5 actuellement, soit le niveau de production juste avant l'invasion américaine de mars 2003. Le but dans les cinq ans est d'atteindre une production de 4,5 mbj. Mais si l'Irak dispose des troisièmes réserves de brut au monde, avec 115 milliards de barils, le pays manque cruellement de technologies et de capitaux. Il s'agissait donc pour le gouvernement irakien de faire appel à des multinationales pour des contrats d'assistance technique, afin d'augmenter sa capacité de production de 500.000 barils par jour.
Là aussi, l'entente avec les majors occidentales a capoté. La presse américaine dénonçait ce week-end la mainmise des « conseillers » américains sur le choix irakien des compagnies pour l'attribution de contrats d'exploitation. En vue, les cinq géants mondiaux du pétrole Shell, BP, ExxonMobil, Chevron et Total, ainsi qu'un consortium regroupant Anadarko, Vitol et Dome des Emirats arabes unis. "Nous voulions l'aide des experts sur la base de consultation et de soutien technique pour aider nos équipes. Ils ont refusé parce qu'ils voulaient des parts de notre pétrole. Mais nous ne partagerons pas notre pétrole", a ajouté le ministre du pétrole Hussein al-Chahristani.
A.L.
Une loi sur le pétrole
Les observateurs se demandent notamment si la région autonome du Kurdistan irakien, dans le nord du pays, consentira à partager ses revenus pétroliers. Le gouvernement kurde a déjà signé 17 contrats d'exploration et d'exportation de brut avec une vingtaine de compagnies internationales après avoir adopté son propre arsenal législatif en août, déclenchant la colère de Bagdad, qui nie la validité de ces contrats.

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