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L'Usine Santé

Interview de Christian Lajoux, président du syndicat des entreprises du médicament (Leem) et de Sanofi en France : « Nous ne voulons pas devenir PSA ! »

Publié le

Enquête Christian Lajoux, le président du syndicat des entreprises du médicament (Leem) et de Sanofi en France, croit en l'avenir de la médecine personnalisée. Et compte sur l'État pour relancer l'attractivité de la France.

Comment justifiez-vous les 900 suppressions de postes annoncées chez Sanofi, alors que le secteur se porte encore bien ?

Dans l'industrie du médicament, on est toujours dans l'émotion. Il faut reprendre des éléments concrets. Neuf cents suppressions de postes d'ici à 2015, c'est moins de 3% de nos salariés, ce qui veut dire moins de 1% par an ! Et puis, quelle est l'entreprise française qui a neuf grands centres de recherche en France comme nous ?

EDF, PSA, Renault, Airbus...

Ce sont des entreprises auxquelles on se compare. Et nous ne voulons pas devenir PSA, qui avait une grande partie de sa fabrication en France et qui a manqué le virage de la compétitivité au niveau international. Sanofi est une machine à faire de la recherche en France pour l'international. Il est vrai qu'aucune des molécules autorisées en 2011 en Europe n'est venue de Sanofi. C'est pourquoi, le laboratoire se réorganise.

Pour une entreprise qui réalise plus de 5 milliards d'euros de bénéfices, cela peut paraître incompréhensible...

Les dividendes sont le résultat d'un cycle passé. Nous vivions sur des acquis. Nous vivons sur la fin du cycle des blockbusters, comme le Lipitor, le Plavix, les grandes molécules en psychiatrie, qui sont génériqués depuis cinq ans. L'industrie pharmaceutique doit changer. Elle doit produire des médicaments beaucoup plus adaptés à une médecine personnalisée, individualisée : c'est le nouvel enjeu de notre industrie. Sanofi s'est lancé depuis trois à quatre ans, et nous fournirons des médicaments d'ici trois à cinq ans. Il faut huit à dix ans pour mettre au point de nouvelles molécules.

Votre outil industriel est-il adapté à cette stratégie ?

Il faut adapter l'appareil productif aux trois domaines de demain. Le vaccin tout d'abord. Nous resterons un pays majeur du vaccin avec quatre grands sites, car Sanofi investit 350 millions d'euros dans une usine à Neuville-sur-Saône, qui produira un vaccin contre la dengue destiné à l'exportation. Le gouvernement de Singapour nous aurait donné les 350 millions pour que nous allions nous installer là-bas ! C'est cela, une entreprise qui a le sens de la responsabilité nationale. Nous devons aussi devenir un grand pays du générique. C'est une faiblesse de notre système. On dit qu'un générique sur deux est fabriqué sur le territoire français... Je pense plutôt qu'un générique sur deux y est conditionné. La troisième voie est la biotechnologie, avec les anticorps monoclonaux. C'est une opportunité essentielle mais nous sommes très en retard, car il semblerait que la production biotechnologique se développe là où l'on fait de la recherche sur les biotechs. Nous avons très peu de grands centres de recherche dans ce domaine.

Certains scénarios prévoient la disparition de 35 000 postes d'ici à 2020. Cette nouvelle médecine créera-t-elle des emplois ?

Je ne suis pas sûr que demain, l'industrie du médicament soit grandement productrice de nouveaux emplois dans les pays matures. En 2011, il y a eu 47 nouvelles molécules autorisées en Europe. Aucun de ces produits n'est fabriqué en France ! Pire. Selon l'un de mes collègues du Leem, les médicaments fabriqués sur notre territoire datent même d'avant 2005.

Qu'attendez-vous de l'État ?

Ce que je dis à Jérôme Cahuzac [le ministre délégué au Budget, ndlr] et à Marisol Touraine [la ministre des Affaires sociales et de la Santé, ndlr], c'est : relancez la machine ! Nous demandons d'avoir un lieu de débat sur les conditions d'attractivité, pour disposer d'un environnement invitant les industriels internationaux à investir en France.

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