L'initiative i2010 menée par l'Union Européenne pour favoriser l'essor des télécommunications porte ses fruits : 250 millions d'européens sont désormais connectés. Près de 20 % du budget des entreprises sont consacrés aux TIC, et 26% des dépenses totales
Plus de 250 millions d'européens utilisent régulièrement Internet annonce la Commission Européenne sur l'état d'avancement des actions dans le secteur des TIC. Un très bon chiffre, d'autant plus que 80 % de cette population dispose d'une connexion à haut-débit. Avec un taux de pénétration de 20 %, soit 99,2 millions de lignes, le marché européen du haut-débit dépasse celui des Etats-Unis et du Canada (81,6 millions de lignes). Outre 40 millions de nouveaux internautes européens en 2007, cette moyenne de l'UE a été atteinte grâce à l'élargissement en 2004. Le Danemark (35,6%), la Finlande (34,6%) et les Pays-Bas (34,2%) trustent les trois premières places. Pour sa part, la
France obtient la neuvième position avec un taux de pénétration de 23,3 %, juste derrière l'Allemagne (23,8%).
Les entreprises sont 77 % à être connectées à Internet et elles consacrent en moyenne 20 % de leur budget aux technologies de l'information. Un bon chiffre qui cache cependant de fortes disparités entre les pays de l'Union. Ainsi, la Suède, la Finlande et le Danemark occupent le trio de tête, tandis que la Slovaquie, la Pologne et la Lettonie, avec moins de 1 % de leur budget consacré aux TIC sont en queue de peloton. Ces chiffres dédiés aux TIC sont peu satisfaisants pour les exécutifs de l'Europe. Selon leurs chiffres, les nouvelles technologies contribuent à augmenter de 50 % la productivité globale et les investissements des entreprises et organismes institutionnels restent encore loin de l'objectif fixé par le Traité de Lisbonne, soit 3 % du PIB consacré à la R&D sur les TIC. Comme le précise le rapport de la Commission, « l'UE dépense environ moitié moins que les États-Unis en R&D sur les TIC et elle est spécialisée dans des sous-secteurs à faible intensité de recherche. Les TIC représentent environ 30 % du montant total consacré à la recherche dans la plupart des pays développés, et l'écart en la matière entre l'UE et ses principaux concurrents compromet sa capacité future à jouer un rôle de moteur de l'innovation dans le domaine de la société de l'information. »
Harmoniser le cadre juridique du marché électronique européen
Fort de ce constat, l'Europe tente de créer un « marché unique électronique », comprenant et reposant sur les télécoms, le multimédia convergent, l'informatique et de manière plus générale sur l'innovation en tant vecteur de compétitivité pour l'Europe. Pour ce faire, l'UE s'appuie sur deux pans : les projets à financement mixte et une harmonisation du cadre juridique européen. Sur le premier versant, l'UE a déjà créé des partenariats public-privé sur des secteurs de pointes, à l'image d'Artemis (systèmes enfouis) et ENIAC (nanoélectronique).
Le second pan de mesures préconisées prend appui sur le cadre juridique. Entre autres actions, la Commission propose :
- La création d'une Autorité européenne du marché des communications électroniques
- Harmoniser le marché des fréquences européennes
- Développer des services panareuropéens
- Améliorer les systèmes de normalisation des TIC
- Promouvoir la signature électronique transfrontalière
- Mettre en place un cadre européen pour la facture électronique
Très clairement, l'Europe voit dans la dématérialisation des échanges - et les procédures pour les mettre en place - un puissant levier pour dynamiser le marché et l'innovation. Dans ce cadre, outre les grands projets de coopération lancés (GEANT et Grids), le 7ème plan cadre qui sera lancé en 2009 sera l'occasion d'un nouveau programme à long terme portant sur les politiques européennes en matière de TIC et d'une évaluation de la contribution globale de celles-ci aux performances économiques de l'Europe.
F.F.
Lignes à haut débit par région (en millions), janvier 2008