Intérêt croissant des investisseurs chinois pour l'Europe
Publié lepar Alison Leung et Denny Thomas
HONG KONG (Reuters) - L'appétit des investisseurs chinois pour des actifs européens tombés à des prix intéressants semble se confirmer, en témoigne l'intérêt porté par une banque chinoise pour des parties de la banque britannique RBS ou encore le projet de prise de contrôle du constructeur italien de yachts Ferretti par le chinois Shandong Heavy Industry Group.
Selon des sources au fait du dossier, Bank of China, qui a autrefois été détenue en partie par RBS, fait partie des candidats intéressés par certains actifs de la banque britannique, contrôlée désormais par l'Etat.
On a également appris vendredi que le groupe Shandong Heavy Industry Group était sur le point de prendre le contrôle de Ferretti, très endetté, pour un montant d'environ 500 millions de dollars. L'accord devrait être signé mardi.
Ferretti, qui possède entre autres les marques Pershing, Riva et Ferretti Yachts, avait signé l'an dernier un protocole d'accord non contraignant avec Shandong Heavy en vue de créer une coentreprise pour concevoir et construire des moteurs de yachts en Chine et dans d'autres pays émergents.
VAGUE CHINOISE MAIS PAS DE RAZ-DE-MARÉE
Si un raz-de-marée chinois de grande ampleur n'est pas à prévoir en Europe, nombre d'entreprises chinoises semblent déterminées à se diversifier à l'étranger.
D'autant qu'en Europe, premier marché à l'export de la Chine, la crise de la dette fait rage et l'économie marque le pas. Ce qui fait que certains cours de Bourse se sont dépréciés, offrant des opportunités d'achat, alors qu'au même moment, les éventuels acquéreurs européens sont moins en situation d'acheter.
Emblématique d'une tendance qui devrait se renforcer, le groupe chinois Trois Gorges a ainsi acheté fin décembre à l'Etat portugais une participation de 21,35% dans la société de services aux collectivités Energias de Portugal (EDP).
Pékin a d'ailleurs encouragé les entreprises chinoises à acquérir des marques reconnues, comme l'a fait le groupe Geely, en rachetant en 2010 à Ford les automobiles suédoises Volvo. En 2004, Lenovo avait acquis la branche ordinateurs personnels d'IBM.
Les entreprises chinoises peuvent cependant rencontrer d'importantes difficultés lors de ces opérations, en témoigne l'échec du rachat du constructeur automobile suédois Saab par des intérêts chinois.
En opposant son veto à un projet visant à impliquer le chinois Zeijiang Youngman Lotus Automobile, General Motors, ancien propriétaire de Saab et disposant de licences technologiques clés ainsi que d'une petite participation, a compromis l'opération de l'investisseur chinois.
Kelvin Soh, Taiga Uranaka et Victoria Bi, Catherine Monin pour le service français, édité par Danielle Rouquié
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