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IntégrationBAYER LAMINE L'EX-AVENTIS CROPSCIENCEL'intégration des activités agrochimie d'Aventis au sein de Bayer est douloureuse. Aventis CropScience et la région lyonnaise paient chèrement leur nouveau statut.

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2840

Intégration

BAYER LAMINE L'EX-AVENTIS CROPSCIENCE

L'intégration des activités agrochimie d'Aventis au sein de Bayer est douloureuse. Aventis CropScience et la région lyonnaise paient chèrement leur nouveau statut.



L'inauguration d'un atelier à l'usine de Villefranche-sur-Saône le 11 octobre est sans doute la seule bonne nouvelle de l'année pour les salariés français de Bayer CropScience. Après avoir acheté pour 7,25 milliards d'euros Aventis CropScience (ACS) en octobre 2001 pour l'intégrer à sa nouvelle division, Bayer s'emploie aujourd'hui à le restructurer. Dans la douleur. Car c'est surtout la France qui va payer l'addition : 530 emplois sur 2 125 doivent être supprimés dans l'Hexagone, selon un document distribué aux syndicats la semaine dernière et discuté le 26 septembre lors du comité central d'entreprise. En trois phases. 800 emplois devraient disparaître, dans tous les services, de la recherche à l'administration, et 300 postes seraient transférés de Lyon vers Monheim, près de Düsseldorf, siège mondial de Bayer CropScience, et vers Francfort. Parallèlement à ces coupes franches, 600 postes devraient être créés en France ; là encore, dans tous les métiers de l'entité. Soit, au final, 530 emplois en moins, en majorité dans la région lyonnaise. Le siège historique du groupe Aventis CropScience abrite les trois quarts des salariés français dans son usine de Villefranche-sur-Saône, dans les centres de recherche et développement sur les fongicides et les biotechnologies et au siège administratif. Mais, aujourd'hui, Lyon passe d'un statut de capitale mondiale à celui de siège européen et français de Bayer CropScience.

Une hémorragie de compétences

On est loin des promesses consenties l'an dernier par Jochen Wulff, patron de Bayer CropScience, qui s'engageait à rendre cette branche plus ouverte à l'international et à respecter une équité dans les réductions d'effectifs. " Les arbitrages se font systématiquement au profit de Bayer et de l'Allemagne. Quant aux décisions, elles sont centralisées et ralenties par une lourde machinerie. Nous sommes en train de perdre de notre réactivité et de notre esprit d'initiative ", affirment tous les salariés et les cadres interrogés, déstabilisés par la gestion autoritaire de Monheim. Un premier constat d'échec. Auquel il faut ajouter un second : la fuite des compétences ! Depuis l'annonce de la fusion l'année dernière, près de 70 managers du groupe ont démissionné, " et il ne se passe pas une semaine sans que l'on apprenne un nouveau départ ", témoigne, amer, un ancien cadre dirigeant d'ACS. Pourtant, la direction du groupe entend toujours, officiellement, tenir ses engagements. Mais la conjoncture a joué contre l'agrochimie de Bayer : une campagne agricole difficile aggravée par la crise argentine, important marché pour le groupe, des frais de restructuration élevés et la cession, sous l'impulsion des autorités européennes, d'activités phares de Bayer, ont plombé les résultats du " pilier " CropScience. Résultat : une chute de 56 % du résultat opérationnel au premier semestre 2002, à 134 millions d'euros (sur 1,95 milliard d'euros de chiffre d'affaires). Dans ce climat délétère, les salariés devront faire face, en novembre, aux cessions demandées par les autorités de la concurrence. Notamment celle de l'insecticide vedette d'ACS, le Fipronil. En France, 350 employés de l'usine de Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime) vont ainsi passer sous la coupe d'un autre géant de la chimie. L'allemand BASF, le japonais Sumitomo et un américain sont sur les rangs. De source interne, le nom de DuPont est évoqué.



UNE OPÉRATION COMPLEXE

Sur les 2 125 postes français du nouveau Bayer CropScience (avec Aventis), 530 vont disparaître :

environ 800 doivent être supprimés ;

quelque 300 transférés de Lyon à Monheim ;

près de 600 nouveaux emplois doivent être créés.

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