Insertion : les formations industrielles résistent à la crise

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Formation industrielle des jeunes
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Alors que les derniers chiffres du chômage des jeunes restent mauvais, une enquête montre que les diplômés des filières industrielles, du CAP à l’école d’ingénieurs,  s’en sortent nettement mieux que les autres.

"Globalement, la situation est plus dure qu’il y a trois ans pour tout le monde, mais elle est un peu moins difficile pour les jeunes sortis de la filière industrielle", analyse Isabelle Recotillet, responsable du département "entrées et évolutions dans la vie active" du Cereq. L’organisme public de recherche sur les qualifications, dans sa dernière enquête, s’est penché sur l’insertion dans la vie professionnelle de la génération sortie de l’école en 2007.

Le constat est globalement alarmant : deux tiers des jeunes débutent dans la vie active par un emploi précaire, les premières embauches se faisant d’abord en CDD (37%), en intérim (16%) ou en contrats aidés (12%). Trois ans plus tard, un tiers d’entre eux sont toujours dans la même précarité. Les non-diplômés encore plus que les autres, le système ne leur permettant pas de rebondir. Mais les jeunes sortis de filières industrielles en 2007 ont, malgré la crise, mieux résisté que d’autres, quel que soit l’indicateur retenu.

Moins de chômage

Quand la moitié de la génération (48%) n’a pas du tout connu de chômage au cours de ces trois dernières années, c’est le cas de 57% des bacs pros ou technologiques industriels, 55% des BTS-DUT industriels, 59% des diplômés d’écoles d’ingénieurs. Si  les CAP-BEP industriels sont en-dessous de la moyenne (42%), ils font 10 points de mieux que les CAP-BEP tertiaires.

Dans ces filières industrielles comme dans les autres, plus on est diplômé, moins on est chômeur : sortis de formations industrielles, 27% des CAP-BEP sont restés plus d’un an au chômage, contre 13% des bacs pros ou technos et 14% des BTS-DUT (moyenne pour la génération : 21%).

Moins d’emplois précaires

Trois ans après avoir quitté une formation industrielle, 63% des bacs pros ou technologiques et 68% des BTS-DUT occupent un emploi à durée indéterminée, contre 61% des jeunes en moyenne. Cette proportion de CDI monte à 92% des diplômés d’écoles d’ingénieurs, trois points au-dessus de ceux des écoles de commerce.

Les bacs+2 industriels s’en sortent d’ailleurs aussi bien que les bacs+3 en sciences humaines. "La hiérarchie des diplômes existe de manière globale, mais peut être renversée par la prise en compte de la discipline", analyse Isabelle Recotillet.

Des salaires supérieurs

La moitié des jeunes sortis en 2007, et ayant trouvé un emploi, a touché un premier salaire inférieur à 1250 euros net, la moitié a gagné plus. Dans l’industrie automobile ou celle des biens de consommation, ce premier salaire net médian était de 1400 euros, 1520 euros dans les biens d’équipement, mais 1220 dans l’agroalimentaire (1100 dans le commerce ou 1080 dans les services aux particuliers).

Même distorsion de revenus entre industrie et tertiaire quand on compare le salaire médian net à l’embauche en fonction du diplôme : 170 euros de plus pour un bac pro industriel que pour un bac pro tertiaire, 160 euros de plus pour un BTS-DUT industriel que pour un de ces diplômes dans le tertiaire, 200 euros de plus pour les ingénieurs que pour les managers. La hiérarchie classique des diplômes est même cassée : un bac pro industriel (1200 euros) est mieux payé qu’un BTS-DUT tertiaire (1100 euros).

Ces résultats ne sont pas surprenants, et l’industrie a toujours mis en avant les points forts de ses métiers. La nouveauté, c’est leur constance malgré la crise. "La filière industrielle a une très bonne résistance", conclut Isabelle Recotillet.

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