Inhibitex, la nouvelle perle de BMS anti-hépatite C
Par Gaëlle Fleitour - Publié le
En rachetant la biotech Inhibitex pour 2,5 milliards de dollars, le laboratoire BMS entend consolider son portefeuille dans l’hépatite C. Et anticiper ainsi l’érosion probable de ses ventes en 2012, due à la perte des brevets de certains blockbusters.
Pour une fois, l’agence de notation Fitch avait vu juste… Dans une note sur l’industrie pharmaceutique publiée le 14 décembre, elle expliquait que, confrontée à une baisse de leurs ventes en 2012 à cause de la perte de brevets de leurs blockbusters, certains laboratoires allaient intensifier les acquisitions en 2012. Parmi eux, Pfizer, AstraZeneca, Eli Lilly, Merck et Bristol-Myers Squibb (BMS).
Ce laboratoire vient justement d’ouvrir le bal, en annonçant le 8 janvier la reprise de la biotech Inhibitex, pour la modique somme de… 2,5 milliards de dollars en numéraire. Soit une valorisation de 163% par rapport au dernier cours coté d’Inhibitex. Ce qui parait beaucoup, pour une société créée en 1994 sans profit, au chiffre d’affaires d’1,9 million de dollars en 2010. Mais la spécialité de la biotech est le traitement de l'hépatite. "Le prix se justifie par le potentiel très important de cette pathologie qui est malheureusement en pleine expansion", avec 170 millions de malades dans le monde, nous répond-t-on chez BMS. "Il y a une vraie compétition pour trouver ces molécules et ces sociétés."
Trois variétés de molécules dans l’hépatite C
13e laboratoire mondial avec 17 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2011, et 16e en 2012 selon les prévisions du cabinet EvalueatePharma, BMS entend donc profiter de cette acquisition pour détenir "un des portefeuilles les plus riches" sur cette pathologie. "Nous disposons de trois variétés de molécules sur l’hépatite C, précise Yacia Bennaï, directeur médical en virologie de BMS. Inhibitex nous donne accès à un interféron (le traitement de base de l’hépatite C, ndlr) très ciblé au niveau du foie, avec une efficacité bien supérieure, par rapport aux interférons classiques qui agissent sur l’ensemble des récepteurs." Problème, le candidat médicament de la biotech ne se trouve qu’en phase II de développement, soit encore bien loin d’une éventuelle commercialisation.
Mais BMS sait qu’il doit trouver de nouvelles molécules pour anticiper la perte de brevet aux Etats-Unis de son blockbuster, l’anticoagulant Plavix. Une stratégie qu’avait évoquée il y a quelques mois Béatrice Cazala, responsable mondiale de la commercialisation, de l’Europe et des marchés émergents chez BMS, auprès de L’Usine Nouvelle.
Le credo de BMS ? Mener une stratégie de "collier de perles", en s’appuyant sur des acquisitions très ciblées de biotechs ou de droits sur une molécule, comme avec le français Innate Pharma l’été dernier, pour pouvoir agrandir son spectre sur certaines aires thérapeutiques. Inhibitex sera donc la 18e perle depuis la fin 2007.

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