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Ingénieur entrepreneur: "Si je gagnais au Loto, je créerais une troisième entreprise"

Par Christophe Bys - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3197
Rémi Daccord
s’est lancé dans
le business vert
par conviction
et parce que
"c'était le bon
moment". un
mélange de
pragmatisme et
d’idéalisme très
génération Y.
Rémi Daccord s’est lancé dans le business vert par conviction et parce que "c'était le bon moment". un mélange de pragmatisme et d’idéalisme très génération Y.
© Rodolphe Esher pour "L'Usine Nouvelle"

Quand Rémi Daccord a annoncé à ses parents qu'il ne rejoindrait pas un grand groupe, ils se sont inquiétés: "Pour eux, il fallait d'abord que je sois salarié, pour apprendre. Mais créer ça ne s'apprend pas, alors autant y aller", confie-t-il. et il apprend vite: à 28 ans, Rémi en est déjà à sa deuxième création d'entreprise !

Rien, pourtant, ne prédestinait ce fils d'ingénieur chimiste à devenir entrepreneur. etudiant à centrale, il se retrouve dans la filière entrepreunariat après en avoir rencontré un peu par hasard son responsable, Eric Langrognet. C'est là qu'il développera l'idée de sa première entreprise avec des camarades de promotion : Amoès, un bureau d'études spécialisé dans les bâtiments basse consommation. La structure offerte par l'école était une manière de faire le grand saut en s'assurant un filet de sécurité. pendant deux ans, ils ont ainsi pu tester leurs idées. C'est au sein de cette première société, qu'il pilote toujours, qu'il nourrit l'idée d'une deuxième: Exoès. "Une fois les besoins en énergie des bâtiments réduits, il reste encore à trouver une réponse durable pour les besoins énergétiques restants", explique le jeune ingénieur à la fibre écolo bien de sa génération.

Alors, avec cinq autres personnes, il s'enferme pendant deux ans dans un atelier de mécanique du côté d'Angoulême pour mettre au point une chaudière électrogène. une fois installée, elle produira de l'électricité à partir de granulés de bois. Durant ces années de mise au point qui ont débouché sur le dépôt de deux brevets, "j'avais l'impression d'être comme les pionniers de la machine à vapeur», se souvient-il. Alors que l'heure de la production se rapproche, les premiers clients potentiels se manifestent, à commencer par un industriel autrichien. Mais Rémi ne rêve pas de revendre cette start-up pour faire un coup financier. "Si je gagnais au loto, je créerais une autre entreprise. L'autre jour, dans le train j'ai eu plusieurs idées", assure-t-il énigmatique. Sa satisfaction, il la trouve plutôt dans la création d'emplois. Avec ses copains de Centrale, il en compte déjà 15 à son actif.

Christophe Bys

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