Inacceptable. C’est par ce terme que le fabricant de terminaux de paiements Ingenico a rejeté l’offre de rachat d’un groupe non identifié officiellement. Une décision qui ravit le ministre de l’Industrie, Eric Besson.
L’espoir de rachat n’aura pas duré longtemps. Le fabricant français de terminaux de paiements Ingenico a rejeté l’offre de rachat déposé le 14 décembre par un groupe pour l’heure non identifié officiellement. Selon la presse économique internationale, il s’agirait de l’américain Danaher, spécialisé dans l’électronique professionnelle. Cette information intervient deux jours après l’annonce par le groupe Ingenico qu’une éventuelle offre publique d’achat portant sur l’intégralité de son capital était proche le 17 décembre. Mais « le conseil d’administration d’Ingenico a examiné le contenu et les modalités de l’offre avec le groupe offreur, a précisé le fabricant français. Au stade actuel des discussions, celui-ci n’a pas été en mesure de présenter une offre susceptible d’être acceptée par le conseil ».
Réticence du groupe ou décision de l’Etat ?
Selon les informations de la Tribune, le conseil d’administration aurait été réticent « au prix proposé, supérieur de quelques centimes seulement au cours de l’action du 16 décembre (27,59 euros) ». La proposition de rachat évoquée par le français était estimée à 1,44 milliard d’euros, soit 28 euros par action. Pour d’autres analystes, le blocage viendrait directement de l’Etat qui souhaite que l’entreprise reste dans le giron de la France. L’Etat français est en effet actionnaire à 30% du groupe Safran, premier actionnaire d’Ingenico. Le ministre de l’Industrie, Eric Besson, s’est d’ailleurs dit « réjoui » de la décision du groupe français, « une entreprise stratégique et essentielle pour la filière électronique française », selon lui. Pour aller plus loin et conserver les activités d'Ingenico en France, le député du Tarn, Bernard Carayon, réclame le soutien du Fonds stratégique d'investissement (FSI), "dont la vocation est de sauvegarder les savoir-faire industriels français".
Rien de définitif
Pour autant, Ingenico a précisé que sa décision n’avait rien de définitif, au cas où l’offreur veuille faire une nouvelle offre plus intéressante. Faute de décision favorable, le conseil a réclamé la reprise de la cotation du titre, suspendue depuis le 17 décembre, dans l’attente d’une décision de rachat.
Le groupe français numéro un mondial des terminaux de paiement en termes de volumes a enregistré au troisième trimestre un chiffre d’affaires en hausse de 31,6% à 231,8 millions d’euros et table sur l’année sur un chiffre supérieur à 865 millions d’euros. D’ici à 2013, il entend se diversifier dans la sécurisation des transactions et vise un marché mondial de dix milliards d’euros. Soit près de quatre fois le marché actuel des terminaux de paiement.









