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Infiniti ou le design de luxe discret

Par Barbara Leblanc - Publié le
FX limitée d'Infiniti
© Infiniti

  A quelques jours du salon de Genève 2010, la marque de luxe de Nissan, Infiniti, peut tirer un premier bilan de ses deux années d’existence en Europe. Selon Claude Hugot, chargé du secteur France, elle commence à remplir les objectifs fixés par le patron de Nissan, Carlos Ghosn. A savoir atteindre la rentabilité d’ici à 2012 et qu’Infiniti impose une image de marque.

« Nous n’avons pas perdu d’argent sur la première année de commercialisation, malgré la crise du secteur automobile. L’année 2009 a été dure pour tout le monde, mais chez Nissan nous avions anticipé les dégâts en réduisant les coûts depuis trois ans déjà », explique Claude Hugot.  Avec 150 000 unités vendues en 2009, la marque est dorénavant présente aux Etats-Unis (depuis 1989), à Dubai, en Russie et dans l’Europe de L’Ouest. Elle reste absente du marché japonais. « Nissan y a déjà installé des produits de luxe, auxquels nous ferions concurrence. Là n’est pas l’intêret du groupe », explique le responsable France.

Design japonais

Pour réussir à s’imposer, Infiniti a mis l’accent sur sa marque de fabrique. Son secret ? Le design de sa gamme. « Un design japonais très visible par exemple sur les crossovers et qui tranche avec tous les autres modèles que l’on voit dans les rues », explique Claude Hugot. Le groupe a confié la conception de la gamme au designer Shiro Nakamura, jugé comme l’un des plus influents dans le monde automobile. « Notre but est de transposer l’esthétique japonaise à l’automobile », commente ce dernier.

Une esthétique qui tranche volontairement avec les marques allemandes, et surtout son concurrent frontal BMW. « Avec Infiniti, une marque peu connue et au design discret, nos clients s’offrent un produit luxueux, sans se faire remarquer pour autant. Le luxe, c’est aussi pouvoir passer inaperçu », précise le responsable France.

Discrétion

La marque reste aussi très discrète en matière de publicité. Pas de grandes affiches dans les rues, pas de publicités télévisées. Pour remplir l’objectif d’être rentable d’ici à 2012, nous avons fait le choix de ne pas investir massivement dans la communication. Elle a donc parié sur de mini-campagnes de publicité avec les distributeurs ou par des partenariats avec les Relais et Châteaux ou les compagnies aériennes qui distribuent son magazine de luxe, Adeyaka. Et sur son site Internet, qui présente chacun des modèles et ses particularités. C’est d’ailleurs par ce média que 80% des véhicules sont commandés.

Le diesel à Genève, l’électrique en 2013

Reste que la marque a encore des marchés à séduire. En premier lieu, les amateurs de diesel. Pour l’heure, les deux crossovers, la berline ou le cabriolet de la marque sont tous équipés de moteur essence. Un problème qui sera surmonté à compter du salon de Genève 2010. Le groupe y présentera le nouveau moteur sur les crossover FX et EX. Selon le responsable France, « le moteur diesel est le meilleur couple de sa catégorie, même les ingénieurs de chez Nissan et Renault sont bufflés ». 

L’autre difficulté pour la marque est d’atteindre l’objectif de Carlos Ghosn. Atteindre 20 000 unités vendues en Europe en 2012. Pour l’heure, quelque 6 000 à 7 000 véhicules ont été vendus en Europe, Russie comprise. Dont seulement 400 en France environ. Il faut dire que pour acquérir le G37 cabriolet il faut déjà débourser 52 600 euros au prix d’entrée de gamme. Mais le constructeur entend lancer d’ici à 2013 un modèle plus petit et fonctionnant à l’électrique. « Une sorte de Juke très très luxueux » . Au prix d’un véhicule thermique. 

Dans un premier temps, il lancera des modèles hybrides à la fin  de l’année 2010 aux Etats-Unis et en 2011 en Europe. « Notre hybride sortira des modèles présents à l’heure actuelle. On changera de catégories avec une plus grande performance écologique », avoue Claude Hugot, sans toutefois donner de chiffres.

Autant de développements qui permettront peut-être à la marque de progresser et de ne plus apparaître comme une niche dans le secteur du luxe.
 


EX

Coupé crossover cinq portes, moteur V6 de 3,7 litres - © Infiniti

Cabrio G37

Cabriolet deux portes, système de toit pliant métallique à trois élèments - © Infiniti

FX

Crossover cinq portes, moteur V8 5 litres ou V6 1,7 litres - © Infiniti

Essence

Concept car hybride de 600 Cv, dont la bagagerie est signée Vuitton - © Infiniti

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