Industries mécaniques : un recul historique en 2009
Le 11 février 2010 par Mirel Scherer
Selon la Fédération des industries mécaniques (FIM), la mécanique française a enregistré en 2009 une baisse du chiffre d’affaires de 15% (neuf mois consolidés, 4 ème trimestre estimé).
En dépit d’un véritable effondrement, les industries mécaniques françaises ont moins baissé que celles européennes qui accusent une diminution de leur chiffre d’affaire de 19%.
Elles ont bénéficié d’un marché intérieur plus résistant que ceux des autres pays d’Europe. « Plusieurs raisons expliquent cette évolution », constate Yvon Jacob, président de la FIM. Les mesures publiques prises pour faire face à la crise (la prime à la casse qui a soutenu les ventes automobiles, les plans de relance qui ont évité une chute de l’activité économique, le fonds de compensation de la TVA qui a permis aux collectivités territoriales de poursuivre leurs investissements…), par exemple. Mais aussi la bonne santé économique de certains secteurs (la construction a moins souffert qu’en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni, l’aéronautique a poursuivi son activité grâce aux nombreuses usines implantées sur le sol français, l’énergie et le ferroviaire ont continué de tirer l’activité). Enfin, certains amortisseurs sociaux français ont permis à la consommation des ménages de rester soutenue. Ainsi, les investissements publics et privés en France ont globalement mieux résisté que dans le reste de l’Europe : -7% en France contre -10% pour la moyenne européenne.
Quant à 2010, la reprise sera molle. « Les industries mécaniques vont encore souffrir des surcapacités de production engendrées par deux années (2007-2008) anormalement exceptionnelles », considère Yvon Jacob. « Le besoin de réinvestir dans des équipements ne se fera donc pas sentir tout de suite, particulièrement en Europe et ce, même s’il y a reprise. »
Sur le plan international, la mécanique française est davantage tournée vers des zones du monde dans lesquelles aucune reprise n’est attendue en 2010.
Ce contexte économique défavorable est accentué par des conditions financières restreintes et tendues qui entravent les entreprises dans l’obtention de prêts bancaires.
Une légère remontée de l’inflation et du prix des matières premières et de l’énergie pourrait par ailleurs augmenter les coûts de production de certaines entreprises mécaniciennes et peser sur leurs marges. Côté marchés, certains secteurs en bonne forme devraient continuer de soutenir les entreprises de mécanique : le ferroviaire, l’énergie, la chimie-pharmacie-cosmétologie. La sidérurgie quant à elle est repartie, entraînée par les besoins importants de la Chine.
Résultat : les industries mécaniques fortement dépendantes de la reprise de l’investissement pourraient donc connaître à nouveau une baisse de leur activité d’environ -5% en 2010 (après -15% en 2009).
Enfin, les industries mécaniques, premier employeur industriel de France, ont vu baisser de 5,5% leurs effectifs en 2009 à 650 000 salariés (environ 20% de l’emploi industriel).



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