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L'Usine Aéro

Industrie spatiale : du pragmatisme pour une meilleure compétitivité

Publié le

Le ministre de la Recherche Laurent Wauquiez propose dans un rapport publié le 23 mars une nouvelle stratégie spatiale française. Emmanuel Terrasse est conseiller espace auprès du ministre, et a participé à la rédaction du rapport. Il revient pour L'Usine Nouvelle sur ses principaux points.

Industrie spatiale : du pragmatisme pour une meilleure compétitivité © Astrium

L'Usine Nouvelle - Le rapport présenté par Laurent Wauquiez propose de faire évoluer le système européen du retour géographique, qui assure à chaque Etat investissant dans le spatial d'obtenir une charge industrielle proportionnelle à sa participation. Quel est le problème avec ce système ?
Emmanuel Terrasse - Je tiens à préciser que ce système a permis de grands succès, et qu'il est pleinement légitime. Il a été à l'origine de la réussite d'Ariane et des programmes de satellites. Ce système permet de mobiliser l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne.

Mais l'expérience montre que cela mène à une rigidité, à des choix qui ne sont pas les plus efficaces. Pour appliquer pleinement le retour géographique, il faut diviser les lots, chaque état retrouve exactement sa part d'investissement dans ses usines.

Cela entraîne des surcoûts, comme sur le programme Ariane. Arianespace a donc un déficit d'exploitation, qui doit être compensé par une subvention. L'objectif, ce n'est pas de rayer d'un trait de plume le retour géographique, mais de l'assouplir. Notamment avec des objectifs de compétitivité .

Les petits contributeurs aux programmes spatiaux européens ne risquent-ils pas de se sentir lésés ? Comment pourraient-ils accepter un relâchement de ce système conçu pour les mobiliser ?
Il faut leur faire trouver un intérêt, aboutir à un compromis entre les règles que nous connaissons et un autre principe, celui de la concurrence. La logique générale de l'Union européenne est d'acheter au plus bas coût. La concurrence, même dans le secteur spatial, a des avantages : elle permet de choisir les fournisseurs les plus efficaces et les moins chers. On lui trouve également des inconvénients : cette logique ne prend pas toujours en compte les aspects industriels.

Je tiens à insister sur ce point : il n'est pas question d'instaurer une concurrence mondiale dans le domaine du spatial. Il faut être pragmatique, trouver un juste milieu entre le retour géographique et la concurrence.

On peut également s'adapter selon les cas. Par exemple, pour le marché des satellites, il y a différents fournisseurs, la concurrence paraît logique. Mais dans le domaine des lanceurs, c'est plus difficile. Il faut déterminer au cas par cas la manière de développer et d'acheter qui fera le plus de sens. Toujours dans l'objectif de soutenir un tissu industriel et d'être efficace.

La France est le pays d'Europe qui dispose de la plus importante industrie spatiale. Réduire l'influence du retour géographique, n'est-ce pas favoriser la France ?
Certes nous avons de grands sites industriels, mais n'oubliez pas qu'Astrium est de nature européenne, avec des usines en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne. Thalès Alenia Space est fondamentalement franco-italien, quant au troisième acteur majeur, OHB, il est allemand.

Chaque Etat va faire ses comptes. Mais cela est une question de base d'intérêt général européen. Trouver un équilibre entre les règles de l'ESA et celles de l'UE est dans l'intérêt de tous.

Il y a un changement à faire. L'arrivée de l'UE dans le domaine du spatial, comme cela a été validé par le traité de Lisbonne, reste à mettre en oeuvre.

Pourquoi mettez-vous autant en avant la préférence européenne ?
C'est notre vision de l'industrie spatiale. Il est absurde d'ouvrir des appels d'offres à l'échelle mondiale. Ce principe est aujourd'hui accepté par l'ensembles des Etats membres, même si cela n'a pas toujours été évident.

Certains ont pu à une époque être tentés par  une logique de concurrence totale. Or tous les autres pays qui disposent d'une industrie spatiale appliquent une préférence nationale claire. Il a fallu du temps pour faire comprendre les spécificités du secteur spatial. Par exemple, pour la constellation de satellites de Galileo, cela a nécessité un processus long pour qu'ils puissent être lancés par Ariane.

Cette préférence européenne est indispensable pour avoir une indépendance d'accès à l'espace. C'est un outil de souveraineté.

En France, vous proposez de créer un comité de concertation de la politique spatiale. N'est-ce pas déjà le rôle du Cnes ?
Le Cnes garde un rôle central. Mais il n'est déjà pas seul. La DGA gère la filière spatiale militaire, et il existe plusieurs ministères utilisateurs. Il est apparu qu'il manquait un endroit de haut niveau pour évoquer les grands enjeux.

Ce comité ne va pas se substituer au Cnes, où se tiendront toujours les discussions techniques. Mais un lieu d'échanges entre l'Etat et les industriels sera utile. Bien évidemment le Cnes fera partie de ce comité.

Retrouvez le rapport complet sur le site du ministère de la Recherche.

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