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Industrie française: la reprise attendra 2012

Par Morgane Remy - Publié le
usine

En France, le PIB a crû de 0,5% au deuxième trimestre 2010 donnant l'espoir d'un retour à la croissance. Mais cette augmentation s'explique principalement par un effet de déstockage plutôt que par des investissements. Alors aujourd'hui, peut-on vraiment parler de reprise?

La situation économique européenne est «en voie de normalisation».  Mais «beaucoup de risques» pèsent encore sur la reprise, estime Jean-Claude Juncker, chef de file des ministres des Finances de la zone euro. Pourtant les tendances conjoncturelles sont loin d’être aussi marquées, surtout dans l’industrie.

Verbatim "Dans la zone euro, le taux de croissance moyen des nouvelles affaires, en dehors de l’Allemagne, est le plus faible depuis février", affirme Chris Williamson, chef économiste chez l’institut Markit.

Dans la zone euro, l’indice Markit pour l’industrie manufacturière de juillet affiche une croissance soutenue, au plus haut depuis trois mois à 56,7 points. «Toutefois, ce renforcement de l’indice PMI de l’Eurozone observé en juillet résulte presque exclusivement d’un élan de la croissance allemande. L’Allemagne enregistre en effet des taux d’expansion de la production et des nouvelles commandes quasi historique», nuance Chris Williamson, chef économiste chez Markit. L’Allemagne affiche de loin la plus forte croissance de la production, le taux d’expansion se redressant fortement. De telles hausses sont observées dans une moindre mesure en Italie, où elle s’inscrit à un niveau conforme au pic post-récession enregistré en avril, et en Espagne qui enregistre sa plus forte expansion dans le domaine manufacturier depuis cette date. En revanche, la croissance de production recule aux Pays-Bas, en Irlande et surtout en France.

De chaque Côté du Rhin

Le fossé entre l’Allemagne et la France s’explique par leur spécialisation industrielle. L’Allemagne est l’usine des usines, le leader dans les biens d’équipement et intermédiaires. Elle profite de la reprise mondiale et fournit les usines des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Sa croissance est également renforcée par un marché domestique dynamique. Selon l’enquête de Markit en Allemagne, les industriels allemands «sont très confiants en l’avenir de leur secteur et ne doutent pas de la reprise». La France, elle, est spécialisée dans les biens de consommation. La croissance des nouvelles commandes est plus importante dans les secteurs des biens d’équipements et des biens intermédiaires que dans les biens de consommation. La production manufacturière française enregistre de nouveau une hausse en juillet, le taux de croissance fléchit pour le quatrième mois consécutif et s’inscrit de nouveau à son niveau le plus faible depuis août 2009.

L’indice PMI Markit sur l’industrie manufacturière française tombe à son plus faible niveau depuis dix mois, en juillet. Les entreprises du secteur manufacturier sont de nouveau confrontées à un ralentissement de la croissance en juillet, le onzième consécutif. Le recul de l’indice reflète essentiellement un ralentissement de la croissance de la production et du volume des nouvelles commandes. «Le ralentissement de la croissance du secteur manufacturier français se poursuit en juillet, mais le taux d’expansion reste suffisamment élevé pour soutenir la reprise du secteur», relativise Jack Kennedy, économiste chez Markit. Il nuance cependant cet optimisme : «On n’observe toutefois aucun signe de ralentissement  des suppressions d’emplois, les entreprises poursuivant leurs politiques de réduction des coûts.» L’emploi recule de nouveau dans l’industrie manufacturière française en juillet et s’inscrit à son plus haut niveau depuis septembre 2009. La France est le seul pays de la zone euro où les destructions de postes s’accélèrent en juillet.

Les industriels attendent 2012

Cette perte d’emplois risque de plomber la consommation des ménages qui est pourtant le moteur de la croissance en France. En parallèle, l’inflation augmente légèrement selon Eurostat, l’office statistiques de l’Union européenne. L’inflation de la zone euro s’établirait à 1,7% en juillet 2010, après 1,4% en juin. Si cette hausse des prix se maintient sagement en dessous-de la barre des 2% fixée par le traité de Maastricht, elle est suffisante pour rogner le léger gain de pouvoir d’achat des ménages français. Les perspectives, indiquées par les carnets de commandes en France et à l’étranger ne sont guères encourageantes. Au mois de mai, selon l'institut Eurostat, le nombre d’entrées de commandes dans l’industrie enregistre un recul de 0,6% en France. L’Hexagone avait déjà enregistré une baisse de 3,1% au mois d’avril. Et cette tendance risquent d'emprier. «Les industriels craignent les effets des plans de rigeurs sur la demande intérieure en Europe. Les aides servaient d'amortisseurs sociaux et maintenaient la consommation», explique Philippe Ausseur, associé responsable de l'activité Conseil d'Ernst & Young.

«Les industriels ne perçoivent pas un retour de croissance significatif avant 2011, et même plutôt 2012», synthétise Philippe Ausseur. Selon une enquête de ce cabinet intitulée «Planning for growth: embracing the new "normal"», seuls 68% des décideurs interrogés (dont 21% issus de l’industrie) estimaient que la reprise s’affirmerait en 2011 et 71% en 2012. En France, les chiffres sont même moins optimistes que la moyenne. Un décideur sur deux (55%) estime que la reprise est probable en 2010. Mais en 2011 et 20012, ils sont 86 et 85% respectivement. Même les décideurs allemands attendent l’horizon 2012 pour parler de reprise. Ils sont 55% à croire la reprise possible cette année contre 90% en 2012. «Plus on est une économie mature, plus la croissance tarde à revenir», explique Philippe Ausseur. Et il précise: «Les décideurs sont dans une optique d’attente. Ils ne comptent pas sur une reprise rapide.»

La crise et l’avènement du green business en France

Selon une enquête d’Ernst and Young intitulée « Planning for growth », seule la France pense qu’orienter son « business model » vers un « green business » est une priorité après la crise, avec 22% des votes des dirigeants. Elle se situe avant le « retour de l’optimise » (20%) et « l’accent à mettre sur la rationalisation et la réduction des coûts » (18%). « Les dirigeants sont véritablement sensibles à l’impact du Grenelle. Il y a une véritable sensibilisation à l’écologie », analyse Philippe Ausseur, associé responsable de l'activité Conseil d'Ernst & Young. Cette sensibilité est vraiment une spécificité française. A titre de comparaison, seuls 6% des dirigeants du Royaume-Unis plaçaient le développement durable en priorité après la crise.

Morgane Remy

 

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1 réaction

rebus | 07/08/2010 - 19H27

D'après votre analyse il faut rester coucher jusqu'en 2012:quelle motivation pour les maitres de la finance qui ont mis le pays et les pays dans un marasme économique ou seul peuvent jouer les grand au détriment des peuples.......

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