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L'Usine de l'Energie

Incidents de combustible nucléaire : à chaque été le sien

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Publié le

Après l’incident survenu à Gravelines, le directeur de la centrale témoigne. Ce n’est pas la première fois qu’un incident de ce type se produit : il a déjà eu lieu en 2008 au Tricastin. Décryptage.

Incidents de combustible nucléaire : à chaque été le sien
Centrale de Tricastin à l'été 2008

Cela fait deux étés de suite que des problèmes de combustible coincé compliquent des opérations d’ouverture de cuve dans des centrales nucléaires françaises. A chaque fois, les incidents sont sans risque pour l’environnement, selon l’Autorité de sûreté nucléaire, mais coûtent cher à l’exploitant.

Au Tricastin le 8 septembre 2008, deux barres de combustible radioactif restent suspendues au-dessus du cœur du réacteur. A Gravelines le 10 août 2009, une seule est à l'origine de l'incident. Bis repetita ?

Des causes différentes

Au Tricastin, les causes sont aujourd’hui connues : une bille de manutention tombée dans un pied d’assemblage a fait partir deux barres de combustible de travers. Résultat : lorsque les éléments internes supérieurs, qui permettent de maintenir les barres assemblées, sont venus se poser sur les têtes des barres de combustible, cela a coincé. Deux d’entre elles étaient légèrement décalées par rapport aux trous dans lesquelles elles étaient censées s’insérer. Forcées, les barres sont restées accrochées au moment de relever les internes supérieurs à l’ouverture de la cuve, un an plus tard. En fait, ce problème était visible dès le départ grâce aux caméras de surveillance, qui montraient un défaut d’alignement entre les têtes d’assemblage.
A contrario, aucun défaut de ce type n'apparaissait pour Gravelines : les causes restent à élucider.

Les leçons de Tricastin incorporées

Les réacteurs français ont été construits en série : tous les correctifs mis en place à la centrale du Tricastin depuis l'incident du 8 septembre 2008 ont été appliqués aux modèles similaires de 900 MW du parc nucléaire français. Gravelines a donc pu bénéficier du retour d'expérience lors de l'incident de l'été 2009. Ainsi, la procédure de levage des internes supérieurs s'est faite à petite vitesse, une caméra scrutant tout combustible accroché. Les ARI, bouteilles de respiration destinées aux travailleurs, étaient également à portée de main.

Rapidité du sauvetage : deux fois plus prompt qu’au Tricastin

A Gravelines, le problème a été réglé en  quatre semaines, contre sept au Tricastin en 2008. Reste qu’en 2008, l’opération avait été rallongée de deux semaines du fait d’un mauvais tour optique. Une erreur de mesure constatée lors des essais grandeur nature avait en effet obligé les équipes à refaire les cotes et les outillages. Hormis cet aléa, qui n’a pas été reproduit pour Gravelines, les temps de réactivité sont relativement proches. A Gravelines également, la décision sur l’outil choisi a été plus rapide, tandis qu’au Tricastin les équipes avaient hésité entre un outil construit par Areva et un robot venu des Etats-Unis.

Une communication de crise plus contrôlée

Au Tricastin, un exercice préventif d’évacuation des populations des communes voisines, mené par les pompiers de Bollène (sans pour autant que l'exercice soit rattaché à l'incident de la centrale d'EDF), avait semé un vent de panique. EDF semble également avoir tiré des conclusions pour Gravelines de ce point de vue. Des schémas explicatifs accompagnent des notes d’information régulières publiées sur le site du groupe, et le directeur de Gravelines estime a posteriori avoir bien informé les élus et médias locaux. Une transparence toute relative, ont néanmoins estimé les associations France nature environnement et Sortir du Nucléaire. Joint par l’Usine Nouvelle.com, le groupe EDF s’est exprimé seulement le sauvetage achevé.





 

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