imprimer

Incident aux branchages sur la centrale de Cruas en Ardèche

Le 03 décembre 2009 par Ana Lutzky

EDF a déclenché dans la nuit du 1er au 2 décembre son plan d’urgence interne. En cause : d’importants branchages charriés par le Rhône, qui ont obstrué l’alimentation du système de refroidissement de sécurité d’un des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas.

Qu’une source d’eau fraîche servant à refroidir des systèmes de secours d'un réacteur nucléaire soit bouchée, c’est déjà arrivé. En 2003, le 2 décembre très précisément, sur cette même centrale de Cruas. Que les deux sources soient simultanément obstruées, c’est moins courant. C’est même la « première fois ». La faute aux fortes pluies : alors que le niveau du Rhône est actuellement bas, les averses ont nettoyé les berges du fleuve, emportant avec elles branchages, feuilles et autres débris et venant grossir le débit du cours d'eau. Un amas si épais qu’il a bouché les deux arrivées d’eau en même temps sur le réacteur numéro 4 de la centrale de Cruas, le premier des réacteurs de 900 MW à récupérer le courant du fleuve via un canal, et donc le plus exposé.


La source bouchée n’était pas celle des circuits servant normalement à refroidir le cœur du réacteur, mais bien celle des circuits de secours, qui ne se mettent en route qu’en cas de défaillance des circuits normaux. Quand bien même, la défaillance d’un système de secours nécessite l’arrêt complet de la centrale jusqu’au règlement du problème.  A Cruas, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait mis en place son organisation nationale d’urgence, puis l’a désactivée tôt dans la matinée hier. L’incident a été classé au niveau 2 de l’échelle Ines (échelle d’évaluation des incidents nucléaires) qui en compte 7.

Compte à rebours. Les tambours filtrants de la première voie d'eau ont été encrassés « vers 19h00 » et ceux de la deuxième, située à quelques dizaines de mètres, « une heure après », a expliqué le directeur de la sûreté des réacteurs à l'IRSN Martial Jorel. EDF a arrêté le réacteur par chute des barres de contrôle à 19h30 « à titre préventif ». Lorsqu’il a constaté à 20h que la deuxième source était perdue, l’exploitant a appliqué la procédure prévue et déclenché le plan d’urgence interne.  Des réserves d'eau ont été utilisées pour compenser la perte des deux sources, en attendant le débouchage des systèmes de pompage. La procédure demande en effet d’utiliser la réserve d’eau du circuit de refroidissement des piscines (du réacteur et d’entreposage des combustibles usés), comme source froide de secours. Le déblayage des filtres a duré quatre heures. A 05h30, les deux voies de refroidissement étaient à nouveau disponibles ce qui a permis la levée du plan d’urgence interne à 06h30.

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Centrale nucléaire de Nogent

Les réacteurs nucléaires doivent fonctionner au-delà de 40 ans pour l'Etat

Pas de pré-retraites pour les centrales nucléaires !...

Eva Joly - Janvier 2012

L’industrie grande absente du programme d’Eva Joly

La candidate d’Europe Ecologie-Les Verts a présenté le 11 février un...

Rafale, bourget 2011

Après l'Inde, le Rafale donné grand favori au Brésil

Le choix de l'Inde en faveur du Rafale aurait influencé les autorités...