Impika Impression par jet de matière pour les puces RFID
Par Aurélie Barbaux - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2948Ils sont onze à avoir quitté Gemplus pour fonder Impika. Après le retournement du marché de la microélectronique en 2001 et le changement de l'actionnaire principal, le spécialiste français de la carte à puces avait décidé de centrer ses développements sur le logiciel et les systèmes intégrés. Abandonnant des pistes de recherche prometteuses, dont l'utilisation de la technologie d'impression par jet d'encre pour remplacer la gravure microélectronique. Depuis quinze ans chez Gemplus, dont il était l'un des premiers salariés, Paul Morgavi n'adhère pas à la nouvelle stratégie. Avec son équipe de développement, il décide de quitter l'entreprise et négocie avec elle le droit de développer la technologie à jet d'encre. Après un an de tractation, un protocole est signé en janvier 2003. En mars, la société pouvait être créée. Avec, pour démarrer, les 340 000 euros du prix du concours Anvar-ministère de l'Industrie.
Impika aura dû néanmoins attendre la première levée de fonds de 5 millions d'euros, en juillet 2004, pour disposer des capitaux nécessaires au rachat de la propriété industrielle. « Nous avons une licence mondiale exclusive, sans limite de temps, mais les brevets restent dans le portefeuille de Gemplus », précise Paul Morgavi, le P-DG d'Impika. La levée de fonds a également permis d'embaucher une équipe commerciale et de mettre en place la ligne de production des moteurs d'impression. « Nous sous-traitons la fabrication des pièces, principalement en France, mais l'assemblage et la personnalisation sont réalisés dans notre atelier », explique Paul Morgavi.
La moitié des salariés dédiés à la recherche
En 2005, l'entreprise devrait ainsi fournir près de 70 systèmes à des équipementiers, des fabricants de machines spéciales ou des grands groupes. « C'est le marché de la décoration qui nous fait vivre », précise Paul Morgavi. En 2005, il représentera encore 80 à 85 % du chiffre d'affaires, dans la cosmétique (L'Oréal), les arts de la table, l'agroalimentaire, la décoration d'objet publicitaire ou la sécurité (cartes plastiques, passeports). Mais l'électronique devrait représenter 30 % des ventes en 2006, voire 50 % d'ici à 2008. Paul Morgavi anticipe, en effet, l'essor des étiquettes électroniques RFID, dont la technologie d'Impika réduira considérablement les coûts de revient : décollage attendu au second semestre de 2006 et forte accélération en 2007. En attendant, la start-up participe au programme de recherche européen Eureka MAJE (Material jet for electronic) aux côtés de grandes entreprises comme Nokia ou Plastic Logic.
Bien que précurseur, Impika devra toutefois faire face à forte concurrence. Siemens vient de créer, PolyIC, une filiale dédiée à l'impression de circuits pour puce RFID. Moins menacée, mais il est vrai moins aboutie, la technologie « Biojet » développée par la jeune pousse dans la biotechnologie, fait toujours l'objet de développement. Impika ne relâche pas son effort de recherche. La moitié de ses salariés y sont dédiés.

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