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L'Usine Matières premières

"Imerys pourrait être différent demain" explique son PDG, Gilles Michel

Myrtille Delamarche , , ,

Publié le

Entretien Le PDG d’Imerys, Gilles Michel, revient sur la stratégie d’innovation du groupe et sur le risque éthique dans l’extraction de minéraux.

Imerys pourrait être différent demain explique son PDG, Gilles Michel
Gilles Michel, pdg d'Imerys

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L'Usine Nouvelle - Vous venez d’annoncer de très bons résultats 2016. Qu’est-ce qui explique cette multiplication par quatre du résultat net, malgré un chiffre d’affaires stable?

Gilles Michel - À périmètre constant, le chiffre d’affaires est même en légère baisse. Mais nous bénéficions de notre modèle d’affaires original, ainsi que de la stratégie ambitieuse menée depuis cinq ans sur la R & D, à laquelle nous consacrons 1,7% de notre chiffre d’affaires. C’est le double de ce qui y était affecté avant. L’innovation incrémentale nous assure la confiance de nos clients des industries de process (papier, construction, sidérurgie…) et le développement de nouvelles applications à partir de nos matériaux et d’un portefeuille de procédés industriels nous ouvre de nouveaux marchés à forte croissance – automobile, énergie et mobilité, cosmétique et santé.

Que vont changer à votre activité les mutations dans l’automobile en termes de motorisation, d’allégement, d’autonomie?

Les exigences d’allégement sont telles que les polymères iront plus loin, jusqu’à des pièces d’usure, et même dans les moteurs. Nos minéraux sont essentiels pour fonctionnaliser ces plastiques. Quant aux batteries lithium-ion, leurs électrodes sont en graphite ultra-pur, principalement de synthèse, que nous produisons. Et la qualité des électrodes est un facteur de premier rang des performances et de la longévité des batteries. Dans quelques années, si nous réussissons à devenir un acteur important dans ce secteur, Imerys pourrait être un groupe différent.

Que vous ouvre l’intégration de Kerneos et quelles sont les synergies qui vous permettront de réaliser 23 millions d’euros d’économies?

Cette acquisition, qui devrait être bouclée d’ici à mi-2017, nous ouvre le secteur de la chimie du bâtiment [des technologies de la construction], pour aller vers de nouvelles solutions de construction, plus efficaces. En France, Kerneos a trois gros sites industriels, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), à Dunkerque (Nord) et au Teil (Ardèche). Les synergies prévues ne proviennent pas de la consolidation industrielle, mais d’économies sur la commercialisation, les coûts d’achats, l’accélération du développement… Nous l’insérons dans un dispositif qui doit lui permettre de faire plus vite ou moins coûteux.

Vous exploitez des matières fossiles. Ne craignez-vous pas l’épuisement de vos gisements ? Et comment voyez-vous l’application du devoir de vigilance dans votre groupe?

Nos produits extraits n’ont pour la plupart pas de valeur brute, ils n’ont d’intérêt que par la transformation que nous assurons. Environ un tiers de notre activité dépend de minéraux que nous achetons à l’extérieur, les deux autres tiers étant alimentés par des gisements que nous détenons en propre. Nous sommes donc très attentifs à la durabilité de ces actifs. Nous avons de très fortes exigences en matière de devoir de vigilance, dans une démarche développée en interne, mais comprenant des relations avec les ONG locales, les communautés. Nous travaillons selon les mêmes principes, que ce soit dans la campagne française ou en Thaïlande.

Outre le talc afghan, qui vous a valu des questions, avez-vous des réticences à vous approvisionner dans certaines zones?

Nous avons déjà regardé, dans un pays d’Afrique, si nous pouvions nous approvisionner en un minéral rare dans des conditions conformes à notre éthique. Nous sommes arrivés à la conclusion que ce n’était pas possible. Il y a des pays desquels nous sortons et d’autres où nous ne souhaitons pas aller. D’ailleurs, parmi nos investisseurs, nous avons des gestionnaires d’actifs dans des fonds ISR (investissement socialement responsable) qui posent des questions identiques. C’est sain, et il est normal que nous puissions attester que nous avons fait les vérifications nécessaires.

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